C'est compliqué. C'est compliqué parce qu'il a une gueule d'attraction Disney, de Maléfique pomponné, trempé dans les Burton les plus guignols à la Alice, gothesque mais avec ce fond en sauce rose bonbon dégueulasse de Wicked [ça y est c'est le Wicked comme dirait Lorie], en beaucoup moins baveux de miévrerie zoomérienne quand même.
Et si c'était seulement ça. Dans son histoire simpliste, ses dialogues trop évidents, il a ce coté radical des contes pour enfants, mais cette fois-ci avec un adultisme SM qui mêle branlette à l'air libre et damoiselles de haute-cour tenues en laisse. C'est saturé, dans les tons de couleurs et dans les effets pour symboliser la Passion et la jalousie. C'est épais, dans les contrastes qui créent de beaux clairs obscurs, dans les environnements comme cette espèce de château noir de Hurlevent trop gros pour être vrai. Et pourtant on a envie d'y croire, ou plutôt envie d'y voir, de continuer à regarder même si ses ficelles parfois trop grosses nous font rigoler. Comme ce Heathcliff devenu gentilhomme qu'on retrouve bien évidemment rasé de près et de frais, car on est bien dans la mentalité ricaine à la Nolan qui veut que la barbe symbolise avant tout le laisser-aller et la dépression, en + de la bestialité. La Belle et la Bête toi-même t'essaies.
Et pourtant on peut pas s'empêcher d'y voir du symbolisme, ou plutôt de chercher à y voir du symbolisme, du Nosferatu, ou plutôt du Nosferaté, du Midsommar même parfois, tant qu'on y est. Midsommé de s'expliquer sur sa propension à jouer les cons pour flatter les vils instincts d'un public féminin auquel il semble destiné. 50 shades of Grey, une histoire d'amour ratée, des amants trop aimants pour être soudés, trop aimants pour se faire aimanter par Tondelier. Le choix de la rationnalité qui impose un point de vue pouvant être qualifié de misogyne, alors que bon hein, voilà, homme ou femme, combien de relations bancales se font comme ça en réalité, dans la vie réelle véritablement véritable ? Hein ? Et après tout n'est-ce pas dans les 2 cas faire le choix du bancal, sauf qu'un des 2 est aussi banquier ? Alors banco.
J'y ai vu une espèce de candeur, de valorisation de l'ingénu, de la naïveté dans la figure de l'héroïne que j'avais déjà vu dans un Pauvres Créatures, avec 2 points de départ similaires mais 2 trajectoires différentes. La découverte et l'apprentissage de soi et de son émancipation par la sexualité. La dépendance supposée des 2 à l'intermédiaire OHM, mais là où les trajectoires divergent (verge) c'est que l'une quitte le giron marital tandis que l'autre s'y enferme à jamais. Individualiste VS femme au foyer.
Au final il faudrait que je regarde Twilight, j'y verrai peut-être la même chose. Un objet méprisé mais qui recèle sûrement des dynamiques relationnelles torturées et + intéressantes qu'il n'y paraît. Des thématiques similaires qui paraissent concons au premier abord parce qu'elles sont balancées simplement, sans dialogues en circonlocutions. Mais sûrement avec un sens du style visuel d'un intérêt bien moindre. Surtout aujourd'hui avec le poids des années.