Il y a toujours moyen de se faire du fric avec les Beatles plus de 50 ans après leur séparation.
On se retrouve donc contre toute attente avec un quatrième volume de la série Anthology, des doubles CD sortis au milieu des années 90 avec les Beatles en coulisses. Ca grouillait de prises alternatives, de maquettes et de raretés et ça venait s'insérer dans un projet trans-médias puisqu'il y avait aussi un livre et une série-documentaire.
Pour boucler la boucle et avec les évolutions technologiques qui ont perdu Now and Then, les singles réalisés à cette époque ont aussi droit à un rafraichissement que je trouve pour le coup peu convaincant. C'est très bizarre d'ailleurs parce que sur Free as a Bird je trouve la voix de John trop nette et ça fait ressortir les faussetés, en plus de ne pas spécialement arranger le morceau qui est toujours aussi mou. Pour Real Love, ça ne marche pas parce que la voix de John est toujours pitchée. Je comprends qu'on aurait pu le prendre pour un sacrilège, mais pour le coup je pense que ça aurait pu être intéressant de la refaire avec la prise de voix dans la bonne tonalité et de demander à McCartney de refaire les choeurs de nos jours. Pour des instruments, c'est pas spécialement criminel de baisser la tonalité artificiellement, ça ne détruit pas le timbre. Alors qu'une voix, ça s'entend tout de suite et c'est moche.
Sinon les deux-tiers de ce double-CD est constitué d'inédits sortis dans les coffrets Deluxe de quelques albums sortis ces dernières années et aussi d'une sortie pour iTunes où on avait plein d'enregistrements inédits du début des années 60 car s'ils ne sortaient pas à ce moment-là, ça tombait dans le domaine public. C'est d'ailleurs bizarre que chez Apple Corp. ils n'aient pas encore eu l'idée de sortir ça au format physique. Ça permet donc d'avoir un genre d'échantillon de tous ces gros coffrets qui sont peu abordables, mais évidemment pour les fans hardcores et qui ont les moyens de les posséder ce n'est rien de nouveau.
Pour ce qui est des vraies nouveautés, on sent que ça a un peu bidouillé pour nous balancer des miettes comme une version instrumentale ou bien les pistes orchestrales de I Am the Walrus. D'ailleurs c'est stupide parce qu'on entend encore la voix de John en fond alors que les ayants-droits ont justement un outil à disposition pour en virer les traces avec la technique du demixing.
Enfin bref, tout ça pour dire qu'ils ne se sont objectivement pas foulés mais que je prends quand même parce que j'aime beaucoup trop ce groupe et que ça me ferait drôle d'avoir les trois premiers et pas ce dernier volume alors qu'il existe bel et bien à présent.