C'est clairement un retour raté pour moi. De toute façon j'avais arrêté d'entendre riri ailleurs qu'en soirée chez des potes bourrés, dans des playlist qui comprenaient au mieux Guetta, au pire Kenji Girac, alors je n'avais plus d'attentes. Cela ne m'a pas empêché d'écouter cet album graphique dès le premier jour de sa sortie, par pure curiosité.
Le coup de com' grossier pour Tidal (dont la chanteuse originaire de la Barbade est actionnaire) m'avait déjà un peu rebuté, et je sentais l'album puer les facilités et l'argent facile. Qu'en est t'il si on se préoccupe uniquement des qualités artistiques et musicales de cet "Anti-Opus" qui porte malheureusement bien son nom ?
Le premier titre, Consideration est celui qui se rapproche plus d'une claque, bien qu'elle soit rapidement à nuancer, au vu de l'uniformité de l'album. Vocalement c'est intéressant bien qu'on ne différencie pas les deux chanteuses. Les sonorités hip-hop sont très présentes, et la durée courte semble vouloir en faire un hit, qui tombe à plat pour moi car trop répétitif. Les sonorités inquiétants de ce premier titre sont poursuivies par "Desperado" et "Woo", mais sans la poésie ou les punchlines d'un rap français, on s'emmerde grave.
Les Titres "Kiss it Better et "Never Ending" sont les plus calibrés de l'opus, et ressemblent à ce que l'artiste pouvait faire sur "Loud", son dernier album plus pop que rap : ce sont les seuls que je réécouterai, mais restent oubliables : on est loin de la machine à tubes.
Après les titres "What's my name" et "Take care", le public pouvait attendre quelque chose des retrouvailles de Drake et Rihanna : résultat, un flop international, entêtant dans le mauvais sens du terme. Un lead single trop simple, bâclé.
"Needed Me" et "Yeah I said it" et "Same Ol' Mistake" énervent et endorment tour à tour, en plus d'être considérablement mal écrites. Peut être que cette fumée de drogues qui entoure les paroles, qu'elles soient suaves ou électriques me rebute, ou est-ce autre chose, puisque j'ai réussi à apprécier un "Love On the Brain" plagiant Mariah Carey (c'est dire).
La vraie réussite vient peut être du titre "Higher", qui clôt l'ensemble (si on omet la ballade facile "Close to You"), dans lequel Riri pousse la voix pendant deux minutes chrono brutes et, pour une fois, crédibles. Le vrai problème, c'est qu'il tombe un peu comme un cheveu sur la soupe : trop tard, on a déjà mal à la tête.
Finalement, si les morceaux ne sont pas véritablement tous mauvais, c'est l'ensemble qui manque de coordination, soit d'âme. On a l'impression d'avoir affaire à une accumulation d'ébauches.
Bref, quand tu sors un album qui se veut subtil (et qui ne l'est pas), et que tu es une machine à fric dont les fan attendent des singles pour chanter à tue-tête en étant bourrés, tu te ramasse la gueule.
Heureusement que c'était gratuit.