*J'ai arrêté le groupe en 1976. Depuis les répétitions de 1969, donc pendant 7 ans, je n'avais jamais arrêté. Les groupes avaient explosé de fatigue, mais moi je continuais depuis le début de Magma. C'est vrai qu'en 1975, le groupe fonctionnait très bien. C'était beaucoup plus confortable, peut-être trop ! On avait une énorme tournée européenne qui devait représenter une sorte de consécration. Que des lieux très importants, beaucoup de matériel, des roadies, etc... Mais au dernier concert d'une série en Suisse, juste avant d'enchaîner avec l'Allemagne et la Scandinavie, tout m'est retombé dessus. Une sorte de dépression. Je me suis mis à observer les gens : le groupe baissait légèrement de niveau, des morceaux comme Köhntarkösz se désagrégeaient progressivement. On était en quête d'autre chose..."
Christian Vander dans les notes du livret d'üdü Wüdü.*
Attahk fait suite aux nouvelles directions prises par Üdü Wüdü.
Mais curieusement ici se pose l'impression d'un album presque pas préparé (le précédent suivait par exemple une continuité planifiée qui débouchait sur la noirceur finale et tétanisante des 17mn de De Futura), fait comme dans l'instant, d'où, du coup ressort une énergie et une inventivité étranges au sens où l'on a l'impression constante de quelque chose qui se crée en direct même et brouille les pistes.
Comme il le dit lui-même, Vander est bien de nouveau en quête d'autre chose.
Ainsi The last seven minutes, Maahnt ou Nono changent constamment de climax, de rythme, d'ambiance. D'autant plus que chaque morceau part dans une direction à chaque fois différente, perdant l'aspect "cohérent" qui animait les précédents disques au profit d'une étrange et décalée homogénéïté qui tient pourtant miraculeusement ici. Sans compter que Christian se charge cette fois de la production (il assumera ce poste en allant encore plus loin sur Merci) et que le groupe inclut de nouvelles influences à ses racines déjà bien chargées.
C'est Spiritual, étrange gospel Kobaïen ou Liriïk Necronomicus Kahnt (mon titre préféré de ce disque), presque électro dans sa rythmique. Sans compter Maahnt qui inaugure un style de musique euh... très éructant.....(100% bruits de rôts et glapissements langoureux dedans !). Et Rind^ë, issue en fait en filigrane d' Ëmehntëhtt-Ré (finalisé et publié qu'en 2009 il faut dire) une nouvelle fois après le titre bonus à la fin d'üdü wüdü (aucune préférence particulière pour l'une ou l'autre version, ici dans cette version 1978 elle débouche idéalement sur la folie de Liriïk je trouve... ).
Curieusement si le disque est top et d'un bon niveau, H.R Giger que j'adore pourtant, les gratifiait ce jour là d'une pochette pas tip-top.
M'enfin bon, on peut pas tout avoir.