Non, n’attendez aucune révolution de cette cuvée stonienne de 2026. Alors que les tournées semblent désormais appartenir au passé, la santé de Keith étant précaire, le trio central Mick-Keith-Ron nous offre un album de ce qu’ils savent faire de mieux, du rock pêchu nimbé de blues et de country. C’est tout et c’est déjà pas mal. Bon, il faut déjà passer par la pochette d’une rare laideur (les gars, vous ne pouvez pas faire un petit effort ?). J’avoue que j’avais bien aimé « Hackney Diamonds » en 2023 et je n’espérais pas grand-chose de ce « Foreign Tongues ». Mais bon sang, ils sont encore capables de nous balancer un blues rutilant comme « Back in your life » ! Et Ron, longtemps traité avec condescendance par les amateurs de guitare, nous sort un solo aux petits oignons, plein de feeling. Accompagnés d’invités qui se nomment Paul McCartney, Chad Smith (des Red Hot Chili Peppers), Robert Smith et Steve Winwood, les Stones termine avec un brillant « Beautiful Delilah » de Chuck Berry : blues un jour, blues toujours. On peut même entendre la batterie de Charlie Watts lors de ses dernières sessions en 2021. Je suis entré peu à peu dans l’album, peu convaincu par le début (déjà entendu et réentendu) et puis, le feeling inimitable de ce groupe agit et c’est vrai qu’il finit en beauté. Bon, pas de quoi non plus se réveiller la nuit, hein, ça n’est pas « Beggars banquet » ou « Let it bleed » mais les Stones sont un tel point de repère qu’on se sent bien en les écoutant. Et tant pis si tout n’est pas exceptionnel. Attention, pour l’instant, il ne semble pas question pour eux de raccrocher : il semblerait que les sessions aient été si productives qu’ils auraient encore tout un lot de chansons non utilisées…Pas mal du tout.