Avec Honeys (2013), Pissed Jeans signe un album aussi abrasif que lucide. Un disque qui grince, qui crache, qui hurle – mais toujours avec une sincérité désarmante. Derrière le mur de bruit et l’énergie brute se cache un regard acéré sur les angoisses d’une masculinité ordinaire, coincée entre absurdité du quotidien et frustrations silencieuses.
Matt Korvette ne chante pas, il éructe ses textes comme des confessions brutales. Les morceaux, eux, pilonnent sans relâche (Bathroom Laughter, Chain Worker), entre noise rock sale et hardcore bourdonnant. Pourtant, au cœur de ce chaos, tout est étrangement maîtrisé. Pas de posture, pas de calcul – juste une urgence à dire.
Ce n’est pas un album facile, ni aimable. Il use, il épuise. Mais c’est précisément ce qui fait sa force : Honeys n’adoucit rien, il confronte. Un 8/10 mérité pour ce cri lucide, dérangeant et pleinement assumé.