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110 critiques
L'ange déçu
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le 21 juin 2013
Avec Kveikur, Sigur Rós ne change pas seulement de ton — il change de peau. Exit les vastes plaines diaphanes et les envolées célestes : place à un monde plus rugueux, plus tellurique, où l’ombre danse avec la lumière. Le groupe islandais livre ici une œuvre viscérale, à la fois ancrée dans la matière et traversée d’éclats de grâce.
Dès "Brennisteinn", c’est un séisme qui s’amorce. Les basses grondent comme une terre qui s’ouvre, les percussions martèlent avec une solennité presque rituelle. Et pourtant, au milieu de ce fracas magnifiquement orchestré, la voix cristalline de Jónsi surgit comme un rayon de lune filtrant à travers un ciel d’orage. C’est cette tension constante entre brutalité et élévation qui donne à l’album sa puissance hypnotique.
Kveikur est une œuvre de contraste. Là où les anciens albums planaient dans l’éther, celui-ci s’enracine, explore des profondeurs, affronte des ténèbres. Mais jamais l’émotion n’est sacrifiée : elle se fait simplement plus brute, moins évidente, comme si elle exigeait d’être méritée. "Stormur", par exemple, allège l’atmosphère sans l’éteindre, tandis que "Rafstraumur" pulse d’une énergie étrange, presque euphorique, comme une éclaircie inattendue.
Chaque morceau semble taillé dans la roche, poli par des vents violents mais habité d’une chaleur secrète. Rien n’est laissé au hasard : les textures sont fouillées, les silences sont éloquents, les crescendos bouleversants. Sigur Rós ne renonce pas à sa poésie — il l’habille simplement d’une armure, d’un vertige nouveau.
J’accorde à Kveikur un 8/10, non par réserve, mais parce que certains fragments peinent à garder l’intensité du reste, ou s’égarent dans une répétition un peu mécanique. Mais l’album reste une mue brillante, une prise de risque assumée, une déclaration artistique aussi déroutante que magnifique.
Kveikur n’est pas un rêve. C’est un souffle, un frisson, une aurore boréale en pleine nuit noire — belle, imprévisible, et profondément humaine.
Créée
le 15 avr. 2025
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8
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