Si Versailles m'était chanté
Les albums posthumes sont toujours compliqués à aborder car se pose très souvent la question morale de leur légitimité. Ceux qui en sont à l'origine tiennent toujours le même discours, criant haut et fort que celui qu'ils viennent de déterrer aurait plus que tout désiré que cet album voit le jour, qu'ils ne font en fait que prolonger l'acte du créateur.
Alors dans quelle catégorie allais-je placer Julie Depardieu, celle qui dit s'être battue pour que le projet de son frère se concrétise, dans celle des enfants de Hervé Bassam (1) que je remercie tous les jours de nous avoir permis de découvrir l'œuvre d'un grand artiste, ou dans celle d'un Laurent Marimbert que je soupçonne de ne pas avoir totalement respecté la mémoire de Daniel Darc (2) ?
Comme son nom l'indique, ce "Post Mortem" tristement prémonitoire s'entend comme le testament d'un homme complexe, perpétuellement en colère, maladroit, généreux mais surtout vrai, d'une sincérité absolue et donc désarmante.
Guillaume Depardieu aura donc été cohérent jusqu'après sa mort, tant ces 35 minutes ressemblent en tout point à l'homme et même au grand acteur (3) qu'il était.
On retrouve dans ses chansons la crudité d'un Miossec, la rage adolescente d'un Thiefaine, la folie d'un Higelin, la vérité nue d'un Mano Solo. C'est aussi touchant qu'imparfait, pas à la mode car sans âge, un peu comme si la plume enragée d'un Houellebecq rencontrait l'univers délicieusement suranné d'un Bobby Lapointe.
En conclusion, et pour répondre à la question initiale, je classe Julie Depardieu parmi ceux que je remercie.
http://youtu.be/NCbp2qYZGx0
http://youtu.be/OP-DeSF0-hk
http://youtu.be/mLBWA4y0HLQ
http://youtu.be/Eirq0UrnzqA
Et en passant, un joli souvenir... http://youtu.be/yd4YHo62lXg
(1) http://www.senscritique.com/album/Places_Traces/critique/23908198
(2) http://www.senscritique.com/album/Chapelle_Sixteen/critique/26872825
(3) http://www.senscritique.com/film/Versailles/critique/6814064