Somewhere Else de Indians m’a fait l’effet d’un rêve flou qu’on peine à raconter mais qu’on n’oublie pas vraiment. L’album m’a enveloppé doucement, comme un voile de brume sur un matin calme : c’est beau, c’est fragile, et ça invite à se perdre un peu.
Il y a une vraie sincérité dans cette musique, une tendresse mélancolique qui m’a touché. Les sons flottants, la voix douce, les silences assumés… tout respire l’introspection. On sent que chaque morceau est un fragment d’émotion retenue, comme si Søren Løkke Juul préférait chuchoter plutôt que crier.
Mais c’est peut-être là que réside aussi ma petite réserve. À force de pudeur, l’album reste parfois à distance. Il m’a ému, oui, mais il ne m’a pas toujours transporté. J’aurais aimé, par moments, qu’il lâche un peu plus prise, qu’il ose des cassures, des élans.
Cela dit, certains titres m’ont vraiment saisi – Cakelakers, par exemple, m’a donné l’impression d’un cœur qui bat sous la surface. Et c’est dans ces instants-là que l’album m’a paru le plus vivant, le plus vrai.
En somme, Somewhere Else est une bulle délicate, un espace de retrait. Il ne m’a pas bouleversé, mais il m’a accompagné, et c’est déjà beaucoup.