Starboy n'est pas le meilleur album de The Weeknd. Je le sais, je le reconnais volontiers, et je m'en fous complètement.
Parce qu'avant d'être un album, Starboy est un souvenir. Un clip aperçu sur D17 en rentrant du collège, une McLaren, une panthère noire, et ce type que je ne connaissais pas encore et dont je voulais tout savoir immédiatement. Un CD offert à Noël, une des premières fois où un cadeau m'a vraiment arrêté. Et cette première écoute tronquée dans la voiture de mon grand-père, le contact qui se coupe après trois titres seulement, et moi qui reste là, suspendu entre deux chansons, déjà accroché. C'est comme ça que tout a commencé, et cet album porte encore toute cette histoire avec lui.
Artistiquement, le verdict est honnête. Starboy est un album commercial, pensé pour plaire au plus grand nombre, et ça s'entend. On n'est pas plongé dans l'univers sombre et cohérent de Beauty Behind the Madness, on n't pas non plus dans la sophistication conceptuelle de ce qui suivra. C'est un album charnière, entre deux eaux, qui assume sa diversité au point d'en faire presque un défaut. Certains morceaux tombent à plat chez moi, False Alarm notamment, et les ballades comme Secrets me touchent nettement moins que le reste. Mais alors je regarde la tracklist dans son ensemble, et c'est dingue, tout fonctionne quand même. Party Monster qui m'a tapé dessus dès la première écoute, Starboy avec Daft Punk, cette French touch qu'on n'attendait pas et qui résonne forcément différemment quand on est français, la collaboration avec Future, classique instantané. L'album ne se prend jamais au sérieux au point de devenir prétentieux, et c'est peut-être ça sa vraie force.
Huit sur dix. Pas pour ce qu'il est objectivement, mais pour tout ce qu'il représente. Le début d'une grande histoire, dqui me mènera au Stade de France, 1à ans plus tard, et d'une fidélité à un artiste qui ne s'est jamais démentie. Vive Starboy !