Catwoman  : À Rome
7.4
Catwoman : À Rome

Comics de Jeph Loeb et Tim Sale (2004)

Ben c'est ce qui s'appelle mal conclure une trilogie.

Déjà, l'histoire ne vole pas haut, l'aspect enquête qui faisait la grande force de la série est oublié. Le comics avait pourtant l'occasion d'être passionnant à suivre et semblait amorcer plein de piste pour un récit à la hauteur des précédents, mais... Nada. Rien n'est exploité du tout, et chaque bonne piste parait progressivement abandonnée en cours de route.


De même que le coté "réaliste", moyennement convaincant (à mes yeux) sur le reste de la trilogie, est ici oublié, purement et simplement. Des vaporiseurs de glace, des super vilains faisant des pirouettes physiquement impossibles et j'en passe...


Mais alors, je vous sens fébrile: si l'aspect réinvention moderne a été laissé de coté, de même que la dimension polar, quel est l'intérêt de cette histoire? Pourquoi Joseph Loeb et Tim Sale ont remis le couvert? C'était quoi leur motivation derrière ce projet sensé boucler la boucle?


Ben en un sens, on peut reconnaitre le talent de l'un et de l'autre pour ce qui est d'écrire et de dessiner à une seule main. Car, ne faisons pas durer le suspens: toute cette intrigue n'est que prétexte à flatter la rétine mais surtout à entretenir à fond les fantasmes masculins. Et c'est vraiment pas mon genre de m'inscrire en tant que gardien de la vertu et donneur de leçon, d'ordinaire, mais quand l'œuvre se compose à 80% de discussions sur le type de fringue de la nana, de ses tourments de cœur et de ses sources de plaisir, je me dis que c'est gênant. Surtout quand je pense à deux hommes d'âge mûr en train de se dire "c'est trop bien, j'adore ça" en écrivant et en dessinant. En effet, le personnage est sans cesse dénudé ou très stéréotypé. Loeb ne nous cache aucun des ses monologues intérieurs, lesquels se résument généralement en : "Est-ce que je l'aime? Voilà comment réfléchissent les femmes! C'est à ça que pense une femme!" Grand dieu! Et l'histoire tourne quasi intégralement autour de sa vie sentimentale, de la recherche de ses origines et de sa libido (!).


Même le dessin, bien que toujours très travaillé, est nettement moins impactant que les précédents tomes car manquant de cette subtilité très particulière au tandem. De cette poésie languissante, de ce pouvoir d'attraction créé par l'abstraction. (Ca sonne bien ça). Où sont passés les plans aériens de Gotham (ici remplacé par un décor romain sous-exploité) et le découpage si cinématographiquede la série? Les poses iconiques? et la magie dans les actions quotidiennes des personnages?


Bref, ce "je-ne-sais-quoi", produit par un jeu d'ombre et de lumière, qui transcendait la bande-dessinée pour offrir quelques moments uniques dans une existence. Notamment le retournement final incroyable d'un long halloween ou la partie procédurale d'Amère victoire.


En définitive, après deux excellents volumes, on finit sur une intrigue mineure, assez anecdotique et décevante.

Aegus
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le 21 févr. 2026

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Aegus

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