Le Glas des damnés, deuxième tome de Lord Baltimore, m’a franchement bluffé. Si je lui colle un bon 9/10, c’est pas pour faire genre : ce tome, c’est de l’horreur stylée, du gothique bien sombre, avec une ambiance visuelle qui te colle à la peau.
Déjà, le dessin de Ben Stenbeck couplé aux couleurs délavées de Dave Stewart, c’est du grand art. L’ambiance est lourde, mais jamais gratuite. Chaque case a du sens, chaque ombre raconte quelque chose. Et le duo Mignola/Golden à l’écriture sait poser son récit : c’est tendu, rythmé, et ça ne perd jamais le lecteur.
J’ai adoré la manière dont l’histoire s’étoffe : plus de créatures, plus de noirceur, mais aussi plus de profondeur. Lord Baltimore, c’est pas juste un chasseur de monstres badass, c’est un gars brisé, hanté, et ça se sent. Il avance, il cogne, mais on sent que le combat est autant extérieur qu’intérieur. Et ça, c’est fort.
La mythologie continue de se construire sans lourdeur : ça parle peste, croyances anciennes, fanatisme... mais toujours avec un certain naturel. On est embarqué, sans avoir besoin de bac+5 en folklore.
Le seul petit hic ? Peut-être un déroulement un peu trop classique à certains moments. J’aurais aimé être un peu plus surpris par le scénario. Mais bon, quand tout est aussi bien exécuté, on ne va pas chipoter.
Bref : si t’aimes les histoires sombres, bien écrites, avec une vraie patte visuelle et un héros torturé, ce tome est une pépite noire. Vivement la suite !