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Jenny la Raté
Silent Jenny c'est 5 ans d'attente pour une centaine de page de plus et donc 10 euros de plus également pour dire la même chose que précédemment mais deux fois moins bien, à savoir que la vie humaine...
le 22 nov. 2025
Je suis trop vieux déjà. Rentrer dans des livre-monde, comme déconnecté de la réalité, à décrypter patiemment me fatigue d'avance. Surtout que Bablet, graphiste ample mais narrateur un peu confus ou ampoulé, n'aide pas tout à fait. Silent Jenny, c'est donc la femme mutique que l'on suit s'enfoncer dans les méandres de la terre désolée à la recherche de l'abeille originelle. Bablet a pris au pied de la lettre la prophétie sur la disparation des abeilles qui entraînerait la disparition du monde connu (végétal à fortiori), qui oblige au nomadisme, à tenter de butiner artisanalement. Mais qu'en fait-il au fond ? La résurgence symbolique d'un nouveau culte, de nouveaux rites ? Un délire SF fictionnel métaphysique (les changements d'échelle, belle piste), laissé en plan ? Un discours conspi anti-coropo qui finit, comme les tuyaux, par se mordre la queue dans un cul-de-sac ?
Plus longuement, certes, mais comme chez son pote Singelin, de façon inabouti, une réflexion sur le vivre hors du monde dans un monde qui n'est plus. Ici, dans une Monade, un navire-monde dont la règle est de ne jamais s'arrêter, au sein duquel les rôles sont délimité (pilote, météorologue, conteur, mère-père; on se croirait dans la Horde du Contrevent avec des gros nez et des yeux éclatés pour peu). Avec ses enfants casqués lobotomisés qui seront le salut. On le sait depuis Lordon, vivre hors-du-monde, c'est toujours vivre selon lui : se fournir en matériau ou biens en ville, par réductionnisme, entrisme, commerce, inféodation qu'importe.
Incorporant ici ou là des schémas, des plans, des extraits de journaux (intime), Bablet tente à lui seul de dresser sa tour de Babel sur coque, mais l'exercice, de style, reste fébrile, chancelant, parfois encore épris de lyrisme adolescent. Recroquevillé sur des enjeux plus simple comme dans le prometteur manga Shin Zéro, l'adulé auteur des férus de SF me convainc plus déjà.
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il y a 5 jours
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