12 jours sera donc mon premier contact avec le cinéma de Raymond Depardon, et ça a parfaitement fonctionné avec moi. J'ai trouvé le film émouvant et une fois le long plan-séquence d'introduction passé, je n'ai pas ressenti la durée du film, tout s'est enchaîné très vite et de façon très intense.
Ce que je veux dire par là, c'est que Depardon essaye d'être le plus factuel possible dans sa façon de filmer : c'est beaucoup de champ/contrechamp pour capter toutes les émotions de ces personnes réelles qui se font interroger et vont répondre à des questions simples. Leurs souffrances sont différentes, les actes qu'ils ont pu commettre ont plus ou moins de gravité et on a pas forcément tout de suite les raisons pour lesquelles telle ou telle personne s'est retrouvée en hôpital psychiatrique. Ça nous pousse à ne pas les juger et à avoir de la compassion pour eux, parce que le système se trouve alors dans une impasse. On a affaire à des gens qui sont souvent dangereux pour les autres ou/et pour eux-mêmes mais qui, en théorie, mériteraient de vivre normalement, mais c'est impossible. Et ils ne réagissent pas tous de la même manière à cette condition, ce qui rend le film fascinant de bout en bout.
Ce n'est pas un documentaire qui vient nous donner des réponses mais qui va plutôt nous pousser à nous questionner sur le destin et le vécu de personnes qu'on a jamais croisé dans nos vies, et j'ai trouvé ça suffisamment bien construit pour éviter un sentiment gênant de voyeurisme et ne jamais tomber dans le pathos.