Raymond Depardon a le don pour retranscrire le réel avec sobriété dans ses films. Il ne va pas mettre d'effets rocambolesques ou faire des mouvements de caméra spectaculaires pour transmettre une émotion.


Les dialogues sont les principaux éléments qui permettent de véhiculer les sentiments, laissant l'image donner un visage à une voix. Le réalisateur parvient tout de même à délivrer des messages par les images, comme le lit avec des attaches vides, qui nous laisse imaginer la souffrance liés à cette méthode (et de l'imaginer, c'est encore pire). Je pense aussi au patient qui tourne en rond dans son petit espace, comme un lion en cage, comme montré juste avant, de manière implicite, avec des grillages.

Cet hôpital est loin d'être aussi déshumanisant que celui capturé dans Titicut Follies tourné 50 ans avant 12 jours, mais des méthodes contemporaines s'avèrent encore discutables (une patiente a des traces de coupures suite à un attachement).


Aucune indication n'est donnée, on découvre les personnes en même temps que le cinéaste. On apprend à les connaître seulement avec ce qu'ils disent. Ce choix nous restreint énormément puisqu'on ne sait pas comment sont traités les patients, du moins, on ne dispose que de leurs témoignages. On partage le point de vue de la justice, comme il a pu le faire avec 10e chambre.

Les nombreux parallèles entre les déclarations des hospitalisés et des juges est un gros point positif. Des contrastes forts sont marquants, comme l'homme qui veut donner de ses nouvelles à son père qu'il a tué. Après ce jugement, on remet en question ce qu'ont dit les patients précédents et ce passage est le point culminant du film puisqu'il nous interroge, nous spectateurs, sur tout ce que l'on a vu. De plus, le fait de placer ce jugement en avant dernier est très judicieux et il n'aurait pas eu le même effet s'il avait été placé au début.


Certaines personnes sont d'une tristesse assommante en passant de l'homme qui n'a plus toute sa tête, ne se rappelant plus s'il était sorti le mois dernier et qui est hospitalisé depuis plus d'un an, ou encore la femme qui s'est faite violée 8 fois et qui se mutile pour ne plus "sentir l'énergie sexuelle du garçon".

Les propos sont simplement dits, les rendant d'autant plus troublants.

LucasLeRat
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le 18 avr. 2026

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Lucas Dufau

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