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le 20 févr. 2014
SuivreKid...napping !
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C'est une aventure aussi terrifiante qu'incroyable qu'a vécu ce pauvre jeune afro-américain, kidnappé un bon soir par des esclavagistes véreux et réduit en esclave douze ans durant. C'est aussi l'Histoire, l'histoire d'un pays dont on critique souvent l'absence d'histoire. Mais, en réalité, on découvre à travers ce film les origines d'une partie de la culture américaine, issue des plantations, de la musique africaine et d'un mélange des traditions (chrétiennes et africaines).
Un monde sans loi
L'aspect probablement le plus intéressant du film est cette anarchie qui règne aux USA en ce temps là. Un pays immense, désert, composé d'immenses propriétés terriennes qui vivent en autarcie. Dans ces espaces dépeuplés et sauvages, une poignée d'homme fait la conquête de la terre, cultive cette nature immaculée. Quelques beaux plans de bayous, de rivières méandreuses et marécageuses nous rappelle le rapport fort qu'entretiennent les américains à la terre. Cet attachement à la propriété terrienne nécessitait cependant une main d'oeuvre peu coûteuse pour qu'elle soit rentable et comme dans tous les westerns, pas de loi, si ce n'est celle du plus fort et du plus riche. Un monde d'anarchie et violent comme dans les western de Leone ou les récits fondateurs du pays.
Dans ce monde sans loi, où l'alcool, les trafics et les règlements de compte sont rois, les afro-américains ont largement soufferts, bien que majoritaires dans ces régions, d'un esclavage récurrent et impuni. Et pour cause, tous les personnages blancs semblant caresser l'illusion que cet équilibre est nécessaire pour eux, pour ne pas sombrer dans la misère. La logique esclavagiste est implacable et aveugle.
Le plaidoyer édifiant contre l'esclavage
Le film a presque valeur d'un document historique et d'une dénonciation minutieuse des mécanismes de l'esclavage. Presque tous les aspects de cet esclavage sont décrits, avec minutie et froideur. Il en résulte un sentiment de dégout et de malaise. On peut même dire que le film est d'une violence crue, rare pour un film américain et n'hésite pas à dénoncer très ouvertement la traite des noirs. Pour autant, c'est aussi une leçon de courage, celle d'un homme qui parvient à survivre dans un monde sans lois.
Le film, à travers cet aspect prend un aspect académique. Il émeut le spectateur qui ne peut être indifférent à la misère du monde et nous conduit forcément à prendre un parti moral (c'est le film américain).
Le film est une démonstration implacable de l'esclavage et un témoignage de cette période trouble de l'histoire américaine. Il est sans concession, ce qui est une force, servit par de très bons acteurs (Fassbender est terrifiant). Parfois, il vire dans le larmoyant. Mais on pardonnera facilement cet usage du tire-larme très courant dans le cinéma américain, tant celui-ci possède une capacité indéniable à transmettre son histoire aux nouvelles générations et à critiquer son propre pays, sans hésitation. La véracité, rationnelle et indéniable des faits est accablante. C'est un traité contre l'esclavage. Et le biopic est une bien belle manière de décrire les plantations du Sud, la vie des afro-américains de l'époque.
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Créée
le 31 janv. 2014
Modifiée
le 8 févr. 2014
Critique lue 282 fois
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