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1917 par Olivier Bretagne

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Je le savais en y allant, un film de guerre ça reste éprouvant. Je n'y ai pas coupé avec 1917.
De la verte campagne française on s'enfonce au pas de course dans les tranchées ocres et boueuses.
On ne devrait pas commencer comme ça car ça ne fait pas un film. Mais une fois n'est pas coutume. Ce qui est vraiment impressionnant, ce sont les décors.
Grace au travail inhumain réalisé par les décorateurs on pénètre et on survole l'enfer. Rien de moins. Les cadavres partout, en décomposition, écrasés dans les gravas, empalés dans les fils barbelés comme des marionettes. Mangés par les rats.
Ils sont si nombreux qu'ils emplissent l'écran, qu'on marche dessus, qu'on s'y enfonce.
Voilà l'horreur banale.
Le choix de la mise en scène ensuite, sous forme de long plans séquences qui accrochés les uns aux autres comme un temps réels, renforce la réalités des images. On vit en enfer.

Parfois l'enfer se ponctue de beauté, mais toujours dans l'absurde et toujours suivi de la mort.
Un champ de cerisiers en fleur abattus. Les pétales qui volent et puis la mort d'un jeune avec des flammèches qui volent aussi.
Puis un nouveau né qui vit à l'ombre d'un brasier dans un village, sans rien. Gardé par une femme qui n'est pas sa mère et qui ne connaît pas son nom. Sa mère peut être comme les autres villageois flotte sur la rivière.
Les cerisiers repousseront peut être, l'enfant grandira peut être. Seules lueurs d'espoir.

Tout cela est beau, si beau peut s'appliquer ici, mais un peu vain.

Seulement cela accompagne le périple de deux jeunes chargés de porter un message. La mission est d'importance et ils s'en acquittent pour sauver des hommes.
Un jeune qui sortait devant moi du cinéma disait que le propos du film n'était pas intéressant. Je ne suis pas d'accord. Malgré l'absurdité du sujet, ces deux gars qui avancent ça a quelque chose d'universel.
Comme l'un des deux meurt, on peut se demander à quoi ça se joue la vie. Celui qui meure était un rêveur naïf. Celui qui survit un sérieux volontaire. Une métaphore peut-être?

Le film se termine sur une vue dégagée de la verte campagne. La boucle est bouclée, la vie continue pour ainsi dire.

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