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1974, une partie de campagne

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1974 : Valéry Giscard-d'Estaing demande à un photographe renommé mais cinéaste débutant, Raymond Depardon, de filmer sa campagne présidentielle. Visiblement contrarié du résultat final, Giscard interdira la diffusion jusqu'en en 2002... Il faut dire qu'il y a de quoi ! Avec sa démarche mélangeant journalisme et subjectivité assumée, Depardon filme un VGE en représentation continue, soignant davantage son image publique que ses collaborations avec son équipe, privilégiant son opinion à celles de son équipe. Il ne s'agit nullement d'un film à charge mais bien de l'illustration de ce qu'est vraiment un combat électoral à un tel niveau, des coulisses du pouvoir comme on dit. Depardon va jusqu'à refuser tout usage de musique de risque de donner une fausse interprétation de ce qu'il filme : un homme en quête du pouvoir absolu en France, tacticien à chaque minute, à chaque décision, à l'ego non-négligeable. Parce qu'il brise le silence, parce qu'il va de l'autre côté du miroir, Depardon poursuit dans la lignée d'un Primary de Robert Drew et annonce un The War Room de Hegedus et Pennebaker et offre un documentaire instructif, à hauteur d'homme et sans complaisance. Une belle leçon d'investigation et un art de détourner une commande pour offrir une oeuvre personnelle.

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