En voilà une suite comme il se doit : on reprend le concept du premier volet, on décuple le budget ainsi que les enjeux et on lâche les chiens. 28 semaines plus tard n'a certes pas la folie d'un Danny Boyle derrière la caméra mais peut se vanter d'être un film d'infectés d'une redoutable efficacité. D'un petit film d'horreur fait avec beaucoup de débrouille, on passe à un vrai blockbuster où la menace du virus est plus inéluctable que jamais... car cette fois-ci c'est aussi l'Homme sain qu'il faut fuir.
Ce deuxième volet rappelle la petitesse de l'humanité, illustrant ô combien le battement d'ailes d'un petit papillon peut faire trembler la terre. La moindre incartade peut tout faire chavirer. L'intervention américaine en Angleterre n'est qu'une illusion et n'aura pour effet qu'affermir la monstruosité de l'Homme. Pas gêné de choquer, le film de Juan Carlos Fresnadillo transforme les militaires en une vraie peste (pire que dans le premier volet), faisant feu sur la foule et cramant toute personne suspecte. Une double menace pour les protagonistes qui devront trouver de vains échappatoires durant des morceaux d'action vraiment haletants, à base de course poursuite dans la campagne anglaise et de déchiquetage en hélico. Fresnadillo n'est peut-être pas Boyle mais sait tout autant bien proposer une oeuvre aussi radicale que divertissante. Moins "arty", moins profond, mais plus angoissant et plus impressionnant : un film injustement méprisé.
Si 28 jours était la matière première de World War Z (que je préfère, encore et toujours), 28 semaines est les fondations du blockbuster de 2013 et, à défaut de proportions apocalyptiques de ce dernier, se défend aussi sauvagement qu'un infecté croisé dans un sous-voies. C'est peu dire.