Kevin Hart peut être amusant pendant quelques minutes et possède, surtout aux États-Unis, un public immense qui apprécie son style. Personnellement, il me fait rarement rire. Sa tendance à crier, à exagérer chaque réaction et à enchaîner les plaisanteries sans respirer m’épuise rapidement. Dans 72 Hours, il fait énormément d’efforts, comme toujours, mais sur le millier de blagues qu’il semble tenter, seules deux ou trois fonctionnent.
Le point de départ pouvait donner une comédie divertissante sur le conflit entre les générations. Un homme d’âge mûr passe un week-end chaotique avec un groupe beaucoup plus jeune, et leurs différentes manières de concevoir l’amitié, les relations, la technologie et la fête devraient nourrir l’humour.
Le film choisit pourtant les clichés les plus faciles. Les jeunes sont bruyants, ne lâchent jamais leur téléphone et semblent incapables de faire quoi que ce soit avec un minimum de bon sens. Pendant ce temps, Hart s’acharne à prouver qu’il peut encore suivre leur rythme, comme si reconnaître qu’il n’a plus vingt ans constituait la pire défaite possible.
Le film aurait pu parler avec humour de l’amitié masculine, de la peur d’être dépassé ou de la difficulté à accepter le passage du temps. Mais chaque idée un peu intéressante disparaît sous les cris, les accidents, les humiliations et les plaisanteries scatologiques.
Et elles sont nombreuses. Excréments, fesses, pets, urine et variations infinies autour des mêmes sujets. Ceux qui apprécient ce genre d’humour pourront peut-être passer le temps, car le film ne s’arrête jamais. Pour les autres, la durée semblera interminable.
Kevin Hart se donne entièrement. Il court, hurle, gesticule, tombe et s’humilie avec une énergie impressionnante. On ne peut pas lui reprocher un manque d’effort. Mais faire davantage d’efforts ne transforme pas une mauvaise plaisanterie en bonne plaisanterie. Le film croit souvent qu’augmenter le volume peut remplacer l’esprit.
Les acteurs plus jeunes apportent un peu de fraîcheur. Lorsqu’on leur permet d’improviser ou simplement de parler sans transformer chaque scène en concours d’exagération, quelques moments acceptables apparaissent. On devine parfois la meilleure comédie que le film aurait pu devenir, centrée sur plusieurs générations d’hommes incapables d’exprimer leurs insécurités autrement qu’à travers des défis ridicules.
Mais ces instants sont très courts. Le scénario préfère accumuler des situations absurdes au lieu de développer les relations. Les personnages sont parfois plus sympathiques que les blagues, ce qui n’est pas particulièrement difficile.
La réflexion sur le vieillissement est entièrement prévisible. On sait dès le début ce que le héros devra apprendre, quels amis finiront par se réconcilier et quel message arrivera après le chaos. Le film veut avoir du cœur, mais introduit ses émotions de manière trop mécanique.
Il donne aussi l’impression d’avoir été beaucoup plus amusant à tourner qu’à regarder. Les acteurs semblent passer un bon moment ensemble, et les scènes ratées sont probablement plus spontanées que plusieurs séquences conservées dans le montage final. Cette joie ne parvient malheureusement pas toujours jusqu’au spectateur.
72 Hours peut servir de divertissement sans conséquence à ceux qui aiment déjà Kevin Hart et supportent l’humour infantile et scatologique. Il y a de l’énergie, quelques sourires isolés et deux blagues qui fonctionnent.
Pour les autres, mieux vaut ne pas perdre son temps.