D'accord, le héros est bien naïf - voire bêta - pour un jeune trentenaire, mais je l'ai trouvé sympathique et même touchant. Il y a même un moment où il m'a fendu le coeur. De ce fait, même si l'intrigue part un peu dans tous les sens et met la crédulité à dure épreuve dans la deuxième moitié du film, eh bien je suis allée jusqu'au bout parce que j'avais très envie qu'il se sorte de la mouise dans laquelle il se débattait, ce pauvre Woo-sung.
C'est là que tu te rends compte de l'importance de l'écriture du personnage principal et de l'acteur choisi. Celui qui joue Woo-sung a une bonne tête. Après, c'est selon sa sensibilité. C'est sûr que si on trouve le personnage con et lâche, on ne ressent aucune empathie et la multiplication des rebondissements vers la fin de l'histoire peut agacer et donner envie de lâcher l'affaire, d'autant plus que le film dure deux heures.
Tout le casting est impeccable, que ce soit l'énigmatique voisin solitaire de l'étage supérieur, la voisine effrayante de l'étage du dessous et la représentante des résidents au dernier étage.
Comme toujours dans les films coréens, l'histoire mêle drame et humour noir, sans oublier quelques explosions de violence et même une fin qui tourne au carnage. Ne vous attendez pas à un réalisme à toute épreuve, surtout dans la deuxième partie. Le film est à prendre comme une fable cruelle et grinçante sur l'accession à la propriété en Corée et les problèmes qui y sont liés : surendettement, nuisances sonores, mauvaise qualité des constructions...