Un classique du cinéma d'horreur

Avis sur Jeepers Creepers - Le Chant du Diable

Avatar JéJé fait son Bagou
Critique publiée par le
  • J'essaie de voir les choses au-delà du cadre de ma " petite vie "! Ce que le mec a lourdé, on l'a bien vu toi et moi ? Et si quelqu'un était toujours en vie ?
  • Et alors ?
  • Quelqu'un en danger ?
  • Appelons de l'aide d'une cabine !
  • Une cabine dans ce bled ?
  • On nous a attaqués !
  • Et tu ne veux pas savoir pourquoi ? Un coup d'oeil, c'est tout !
  • Tu as envie de jouer les héros ou quoi ? Les nanas sont plus futées que ça !
  • On jette un coup d'oeil et si on ne voit rien, on rentre appeler les flics. C'est ce qu'on doit faire !
  • N'importe quoi !
  • Mais je rêve ! Tu serais prête à te barrer maintenant ? A laisser quelqu'un là-bas ? Qui aurait pu être sauvé grâce à toi ?
  • Arrête ta leçon de morale ! Tu veux seulement voir s'il n'y a pas là un truc sordide.
  • Et si c'était toi la victime ?
  • ... Ok... Mais je reste dans la voiture !
  • D'accord.
  • Je n'en sors pas !

Jeepers Creepers le chant du diable est un film d'horreur scénarisé et réalisé par Victor Salva, et produit par Francis Ford Coppola que j'aime beaucoup, s'imposant rapidement comme un classique de l'horreur, grace à son scénario original, captivant et jouissif se jouant des clichés. Une oeuvre intelligemment concoctée, dégageant une ambiance dérangeante et entraînante avec des scènes d'horreurs bien réalisées, quelques fois accompagnées de gores, garantissant un bon moment de stress. Aucune longueur n'est présente dans le récit, ça avance vite sans aucune difficulté à suivre. Un pur survival horror dans une conduite road trip crépusculaire, possédant quelques références à des classiques du cinéma angoissant comme The Hitcher, Déviation mortelle, notamment avec la scène d'ouverture rappelant grandement Duel de Spielberg. Sachant que le cinéaste précise à ce sujet qu'il ne se rendait pas compte de l'hommage à Duel.

L'histoire commence avec une excellente introduction au centre de la Floride, de laquelle s'échappe de la route des vapeurs de chaleur entourées de grands espaces verts avec des vieux arbres, présentant dans une automobile lancée à allure moyenne la comédienne Gina Philips dans le rôle de Trish, et Justin Long dans le rôle de son frère Darry. L'idée de départ de présenter un périple mettant en avant un frère et une soeur au lieu d'un couple est une excellente idée, cela permet de contourner quelques clichés. Une scène d'ouverture permettant en un court laps de temps de construire proprement les personnages et de les rendre attachant, notamment avec le jeu des plaques d'immatriculation. Jusqu'à ce qu'apparaisse dans le fond à travers de la vitre arrière de la voiture un camion que l'on voit de très loin, qui dans une conduite hitchcockienne ne cesse de grossir à l'insu de Darry le conducteur, pour finir par les agresser. Ainsi le ton est vite donné, une excellente introduction présentant une menace à travers un vieux modèle de camionnette sinistre, rouillée et effrayant, de laquelle il est impossible de voir le conducteur, à cause des vitres teintées, possédant un avertisseur sonore sorti d'outre-tombe. L'enfer commence, et ne quittera plus le duo qui fera face aux pires horreurs, contre un adversaire hors normes, dans une multitude de péripéties savamment orchestrées, présentant des situations toutes plus déroutantes les unes des autres, pour se terminer lors d'un final qui en surprendra plus d'un.

Les décors jouent un rôle primordial, pas de campus, ni de village glauque, juste une route qui semble s'étendre à l'infini avec le soleil couchant, cela favorise une ambiance d'inconfort on se croirait presque dans un huis clos. La mise en scène est inventive, il y a un superbe jeu d'ombres avec des cadres inventifs. Les différents lieux visités sont rarement accueillants, c'est souvent sinistre. La composition musicale de Bennett Salvay possède un son lugubre et glauque, appuyée par une chanson décalée provoquant un malaise " Jeepers Creepers ", une chanson de 1938 conférant une véritable identité sonore au Creeper.

Jeepers creepers, where'd ya get those peepers?
Jeepers creepers, where'd ya get those eyes?
Gosh all, git up, how'd they get so lit up?
Gosh all, git up, how'd they get that…

Le succès du film vient avant tout du " Creeper ", le monstre inconnu de Victor Salva, qui fait sur lui un travail d'originalité exemplaire, apportant à l'époque un vent nouveau au genre, à l'heure des overdoses amenées par les multiples contrefaçons que sont devenu : Freddy, Jason, Chucky... Le corps du Creeper est extrêmement bien fait, un design bien flippant. Vêtu d'un long manteau et d'un grand chapeau, constamment entouré de corbeaux. Sous les maquillages sacrements efficaces du Creeper se cache Jonathan Breck, qui est méconnaissable. Le Creeper est malsain et pervers, on sent toute la perfidie se dégager de son sale sourire, avec son horrible manière de renifler durant laquelle il prend son pied dans une transe sans équivoque. Sous ses airs démoniaques se cache un grand couturier, amateur de jazz et plus précisément de Jack Teagarden.

(Spoiler)
La mythologie entourant le monstre est absolument géniale, il hiberne durant 23 ans et reviens durant 23 jours pour se nourrir, afin de remplacer ses organes par d'autres. Dégueulasse mais jouissif. Il y a tout de même un voile d'inconnu autour du Creeper, on ne sait finalement pas ce qui il est, une bonne idée permettant de conserver un spectre de mystère inquiétant autour de lui. J'opterais pour un croisement de gargouille et d'épouvantail, d'autres y verront une créature satanique, voir le diable lui-même.
(Fin spoiler)

L'antre du Creeper est diaboliquement bien foutu, une véritable maison des horreurs, pourvu d'une plastique écoeurante et inspiré. Le mausolée de la terreur. La scène présentant le domaine diabolique de la bête sous une vieille chapelle abandonnée dans laquelle on ne peut entrer que par un énorme et profond tuyau enfoncé dans la terre est excellente, ma séquence préférée. Un long conduit inquiétant descendant dans les bas fonds de l'enfer, représentant la cave de la chapelle dans laquelle une centaine de cadavres tous cousus les uns aux autres font office de tapisserie. Pour l'anecdote, l'antre sinistre du Creeper dans laquelle est tournée la scène, était une église afro-américaine qui s'appelait St James. De nombreux conflits, meurtres et drames furent à l'origine de son délabrement, car situé dans un lieu anticlérical. Ce fut une des raisons pour lesquelles cette région fut choisie pour tourner le long-métrage. Ce n'est pas anodin.

CONCLUSION :

Jeepers Creepers le chant du diable est un film malin réalisé par Victor Salva, qui se joue des clichés du genre, sur une histoire simple et originale débutant en douceur, pour très rapidement prendre en intensité, augmentant par paliers. Il devient de plus en plus sombre alors que les enjeux vont crescendo, le tout avec une légère pincée d'ironie. Avec ce film le cinéaste présente une nouvelle créature emblématique, amenant une confrontation riche en horreur contre la comédienne Gina Philips, et le comédien Justin Long, qui offrent des performances remarquables, on croirait qu'ils sont réellement frère et soeur. Même si les deux suites qui suivront seront en dessous de l'original, celui-ci peut se targuer d'être une pièce de choix dans le décor horrifique. J'adore ce film, j'aime les personnages, le Creeper, son ambiance morbide... et malgré les nombreux visionnages, j'en reste un indubitable fan.

Un classique du cinéma d'horreur.

  • Y a quelqu'un, je viens de l'entendre ! Héooooo !
  • Tu hallucines, Darry ! Darry, tu disjonctes ou quoi ? Darry!!!
  • J'ai entendu quelqu'un !
  • Dans les films d'horreur, il y a toujours un con qui déconne et qu'on déteste à cause de ça ! T'es ce con-là !
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