Killer instinct.

Avis sur Stoker

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Répondant momentanément aux sirènes d'Hollywood, le sud-coréen Park Chan-Wook offre ses services pour mettre en images un scénario signé Wentworth Miller, le héros tatoué de la série "Prison break" en personne, plus ou moins disparu des radars depuis l'arrêt de la série, si l'on excepte sa participation vite oubliable au navrant "Resident evil: After life".

Hommage au génie du suspense Alfred Hitchcock, "Stoker" est pour moi le parfait exemple du film bateau transcendé par sa mise en scène, du superbe écrin ne renfermant que du vide. Une fois de plus, le cinéaste sud-coréen fait des merveilles derrière la caméra, utilisant ses plans virtuoses pour instaurer une ambiance délétère et vénéneuse, rappelant dans ses meilleurs moments "La nuit du chasseur" avec son atmosphère directement héritée du conte cruel initiatique, où la venu du grand méchant loup correspond étrangement à l'éveil sexuel d'une jeune fille en fleur.

Le scénario écrit par Miller intègre justement quelques notions intéressantes sur la transmission d'un certain instinct meurtrier par le sang et esquisse une relation ambigüe aussi bien sexuellement que moralement entre ses personnages mais noie malheureusement le tout sous une avalanche de ficelles énormes, au service d'un thriller lambda sans aucun intérêt.

Une expérience américaine en demie-teinte pour Park Chan-Wook, toujours aussi brillant en tant que metteur en scène mais ne pouvant faire de miracles face à un scénario bien trop bancal malgré quelques belles idées. On se consolera avec une excellente bande originale (y a du Nancy Sinatra dedans) et avec l'interprétation troublante de Mia Wasikowska et de Matthew Goode, enterrant tous deux l'habituel jeu figé de Nicole Kidman.

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