The Boy a deux bonnes idées. La première est celle d’une bizarrerie par ricochets, l’étrangeté de la situation initiale, que trouvent normale les parents de l’enfant, prenant peu à peu une épaisseur tout autre à mesure que le fantastique se teinte de drame et finisse par glisser vers quelque chose d’explicable, de palpable, d’horriblement réel – quoique l’intrigue fasse fi de la vraisemblance. Cette première bonne idée tient alors au personnage de Greta, seconde bonne idée, dont le prénom évoque, aussitôt prononcé, l’univers du conte dans ce qu’il peut avoir de plus obscur ; sa caractérisation, même simpliste, dispose d’une profondeur acquise par son traumatisme, ce qui lui confère une fragilité ouverte sur une force bienvenue dans ce genre de productions où le personnage est le vecteur émotionnel et immersif du spectateur.
La partition musicale de Bear McCreary confère à l’ensemble une sorte de poésie macabre, forte d’un thème principal mémorable qui sera décliné tout au long du film, mais ne saurait rattraper une mise en scène stéréotypée dont l’esthétique ampoulée, recyclant une série de poses et de postures, atteste une carence d’âme flagrante. De trop nombreux effets font sursauter le spectateur sans installer au préalable un climat d’angoisse : à l’exception du retournement de situation que nous ne révèlerons pas ici, le récit s’avère des plus prévisibles et souffre de longueurs. The Boy premier du nom s’affirme donc tel un film inégal mais divertissant, ce que ne réussira même pas à être son affligeante suite.