Sur le fil du rasoir

Avis sur The Suicide Squad

Avatar Basile Valentin
Critique publiée par le

S'il y a quelque chose à dire sur cet opus de Suicide Squad, c'est bien qu'il a été fait pour devenir un nanar. il ne faut pas en vouloir au réalisateur, qui en a fabriqué quelques uns dans sa prime jeunesse, et j'étais personnellement très curieux de voir une production Troma budgétée à 180 millions de dollars.

Le film surprend avec quelques sursauts scénaristiques inattendus, bien que la mise en scène un peu forcée vienne parfois atténuer ce jeu de rebondissements souvent surréalistes qui cassent franchement l'image qu'on pourrait de faire d'un film de super-héros. Le rouleau compresseur du MCU et son univers millimétré à la note de violon près s’essouffle face à ce genre de productions loufoques qui tranche radicalement de tout ce que Marvel a pu nous inonder ces 10 dernières années.

Fort de ses échecs, la Warner va plus loin, et cette polarisation dépasse la manière de gérer l'action et les vannes des personnages principaux : Elle va jusqu'à s'immiscer dans le message plutôt bien ficelé que nous livre The Suicide Squad au terme d'une heure et demie d'un visionnage parfois un peu épileptique, et qui vient damer le pion au pudibond Black Widow.

Ce dernier est à mon sens l'apogée du cinéma policé que voudrait les États Unis pour le représenter : il vient faire revivre les heures les plus sombres des films de guerre froide, propagande éhontée où la dernière saison de Stranger Things nous a déjà conduit (et le casting de David Harbour pour BW n'est pas là par hasard à mon sens).

Là ou Marvel, avec Black Widow, se fend d'un patriotisme à toute épreuve, présentant les russes comme des pochtrons débiles pervers et assoiffés de pouvoirs, The Suicide Squad se tient en équilibre sur le fil du rasoir, dénonçant l'ingérence de l'Amérique auprès de pays qui ne suivent pas leur ligne de conduite, et rappelant à notre souvenir tout le travail de sape mené par Nixon auprès des pays d’Amérique du Sud dans les années 70, et, pourquoi pas, le merveilleux travail de gardien de la paix amorcée notamment par Bush fils, où ça ? En Afghanistan ...

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