Quatrième Âge d'Or: Les patrons sont de retour

Avis sur Vaiana, la légende du bout du monde

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Loin d'être découragés par la déception financière de La Princesse et la Grenouille, John Musker et Ron Clements ont pour projet d'adapter sur grand écran le roman Mortimer mais ne réussissant pas à en acquérir les droits, les deux réalisateurs abandonnent cette idée et décident plutôt, après un voyage dans les îles du Pacifique, Fiji, Samoa, Tahiti, de créer une nouvelle histoire 100% originale basée sur la culture polynésienne.

Le succès de La Reine des Neiges aidant, le film qui se voyait programmé pour 2018 est finalement avancé à Noël 2016 tant le projet inspire les metteurs en scène de La Petite Sirène. S'il devait être au départ un mélange d'animation traditionnelle et d'images de synthèses dans la même veine que le superbe court-métrage Paperman, Moana devient finalement entièrement composé d'images 3D, les réalisateurs s'étant justifiés par le fait que l'Océan était trop dur à animer au dessin. Excuse évidemment acceptable en voyant l'importance de ce dernier dans l'histoire du film mais on devine également que ça n'a pas tant gêné Disney Animation de ne pas revenir à l'animation 2D, préférant ne pas revivre l'accueil peu glorieux de La Princesse et la Grenouille ou encore de Winnie l'Ourson.

Qui dit nouvelle création Musker/Clements dit retour aux sources comme à chaque nouveau long-métrage des deux anciens du Troisième Âge d'Or, et Vaiana, la légende du bout du monde empreinte à beaucoup de Classiques certains éléments mais sans les copier comme avait pu le faire maladroitement Frère des Ours.
Les plus nostalgiques se remémoreront par exemple les plages hawaïennes de Lilo et Stitch en découvrant les îles polynésiennes. La princesse qui a le don de "communiquer" avec un élément naturel, ici l'Océan, fera rappeler quant à lui le lien entre Pocahontas et le Vent ou encore celui entre Elsa et la neige.

Cette princesse justement parlons-en puisqu'elle rejoint fièrement la galerie des Princesses Disney récentes dans un registre différent. N'ayant aucune intrigue amoureuse durant le film, sa quête sera reliée à la recherche de sa vraie nature (comme l'était celle de Kenaï dans Frère des Ours) tout en étant en lien avec la lutte contre Te Ka, entité surpuissante inspirée de la déesse Pele et menaçant les Îles du Pacifiques. Pour ce voyage, elle sera aidée de Maui, demi-dieu prétentieux et montagne de muscles imposante (doublée tout naturellement par Dwayne - The Rock - Johnson en VO) qui cherchera lui aussi à prouver sa vraie valeur.

Disney ré-utilisent la nouvelle formule récurrente de leurs Classiques actuels: La coopération entre deux personnes ayant à la foi tout et rien en commun et se découvrant des talents innés au fil de leur aventure. Et pourtant, la recette fonctionne toujours aussi bien et ne donne pas l'impression de répéter les relations Raiponce/Eugène, Ralph/Vanellope ou Anna/Kristoff. Tout simplement parce que ces nouveaux héros, en plus d'être comme d'habitude ultra-attachants, sont très différents et rafraîchissants par rapport aux personnages cités (les sidekicks, le cochon Pua et le coq Hei-Hei sont quant à eux plaisants mais c'est le mini-Maui animé par Eric Goldberg qui est le plus mémorable du lot).

Ils portent le film à eux-seuls et rendent cette aventure encore plus épique qu'elle ne l'est déjà. Car Vaiana, la légende du bout de monde n'est pas avare en scènes marquantes. Entre l'attaque des Kakamora, guerriers de petite taille en armure de noix de coco, la plongée dans le Royaume des Monstres dirigée par le crabe géant Tamatoa ou encore le climax menant à un combat faisant écho à un croisement entre La Petite Sirène et Fantasia 2000, le spectateur en a pour son argent! Quel superbe spectacle que celui qui nous est proposé, avec une qualité technique toujours aussi impressionnante, particulièrement sur le travail de l'eau (dont la couleur bleue est très accentuée pour mettre en valeur l'Océan comme un vrai personnage!).

Jamais un film de Disney Animation n'a autant invité au voyage que Vaiana, la légende du bout du monde puisque le thème central de l'histoire est celui de l'exploration, de l'envie de découverte qui doit se transmettre de génération en génération. Une thématique plus récurrente chez Pixar mais qui est ici magnifiquement représentée et rendant un bel hommage aux tribus polynésiennes qui ont sillonné les mers durant des années.

L'un des plus grands défis de Vaiana, la légende du bout du monde est sans nul doute d'assurer la relève musicale de La Reine des Neiges, vu le phénomène qu'a engendré le film de princesses de 2013 notamment grâce à sa déjà culte Let it Go. Mark Mancina fait son grand retour chez Disney Animation 13 après Frère des Ours (entre-temps, il avait aussi composé la musique des deux films Planes, déjà un peu moins prestigieux) et nous offre de très belles mélodies bien qu'un tout petit peu moins mémorables qu'auparavant.

Les chansons sont quant à elle composées et écrites par Lin-Manuel Miranda et Opetaia Foa'i. Au nombre total de 12, elles sont tout simplement superbes! Les plus marquantes étant You're Welcome, pouvant presque faire rappeler Je suis ton meilleur ami d'Aladdin, We Know the Way, possédant un style très proche d'Au Son Calme des Tam-Tams de Pocahontas ainsi que des oeuvres de Phil Collins sur Tarzan et Frère des Ours et bien sûr How Far I'll Go, air principal du film dédié à Vaiana revenant à 2 reprises et digne de Réflection de Mulan ou Le Monde qui est le mien d'Hercule, on tient là le nouveau Let it Go!

On n'arrête plus les Walt Disney Animation Studios! Zootopie avait créé l'événement plus tôt dans l'année en parvenant à conquérir le coeur de tous les publics, il devrait en être de même pour Vaiana, la légende du bout du monde finissant 2016 sur une magnifique note et achevant de prouver combien le nouvel Âge d'Or que vivent actuellement Disney Animation ne cesse de croître en qualité et en popularité. Si on peut reprocher à ce Vaiana son rythme encore une fois trop rapide et ses références modernes un peu trop présentes (défauts habituels du cinéma de Musker et Clements), on ne peut nier le fait que c'est le Grand Classique Disney traditionnel le plus créatif et le plus riche depuis longtemps! Magie, émotion et émerveillement sont au rendez-vous avec ce bijou de Noël!
Merci John Musker et Ron Clements de continuer à nous faire rêver!

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