Bon. "À bicyclette !", c’est… comment dire ? Une drôle de bête. Un road-movie à vélo, un film intime, une déclaration d’amitié. Un peu tout ça à la fois. Mathias Mlekuz embarque son pote Philippe Rebbot sur les traces de son fils disparu, en suivant l’itinéraire qu’il avait emprunté quelques années plus tôt. Dit comme ça, ça sent le mélo poisseux, le pathos dégoulinant. Mais en fait… non.
Parce que voilà : Mlekuz filme avec une sincérité brute. Pas de violons sirupeux, pas de phrases pompeuses sur le deuil et blablabla. Juste du vrai. La caméra capte les silences, les hésitations, les rires aussi (parce qu’il y en a, et heureusement). La route est longue, les mollets chauffent, et la vie continue malgré tout.
Ah, et puis Philippe Rebbot. Cet homme est une bénédiction. Un type qui pourrait lire le bottin et réussir à nous arracher un sourire. Il joue son propre rôle : celui du pote lunaire, un brin largué mais infiniment humain. L’alchimie entre lui et Mlekuz fonctionne à merveille. C’est simple, c’est naturel, c’est vivant.
Alors oui, tout n’est pas parfait. Certains passages traînent un peu en longueur, comme une montée trop raide en plein cagnard. Quelques dialogues sonnent un poil écrits. Et alors ? On pardonne, parce que le voyage vaut le détour. Les paysages sont sublimes, la photographie respire, et la bande-son accompagne tout ça sans jamais en faire trop.
Bref. "À bicyclette !", c’est comme une vieille chanson de Montand : ça a l’air léger, mais ça cache une vraie profondeur. Un film qui roule pépère mais qui, mine de rien, laisse une trace.