Dans une salle de crise à la Maison-Blanche, des spécialistes voient sur leurs radars des missiles sur le point de frapper les États-Unis. Leur ennemi est inconnu, mais ils doivent trouver très rapidement une solution avant l'inéluctable.
Près de dix ans après (le formidable) Detroit, Kathryn Bigelow revient à la guerre après Démineurs ou Zero Dark Thirty, mais là, ça se passe avant la catastrophe, on essaie de trouver un moyen de détruire ces missiles, l'incompréhension est grande... C'est sans nul doute inspiré par le climat politique actuel, où bien des tensions entre pays brandissent l'arme nucléaire si ça chauffe trop, mais y a comme une sorte de course contre la montre qui est très bien montrée. Et surtout, on voit là la tension que sait distiller Bigelow après Zero Dark Thirty, il y a une sorte de suspens qui fait qu'on est accroché à son fauteuil durant les 105 minutes de projection. Mais la réalisatrice paie aussi son tribut à Rashomon en proposant les deux points de vue de l'histoire : d'une part du côté de la cellule de crise avec Rebecca Ferguson, et de l'autre avec Idris Elba en président des États-Unis, où les points de vue vont se compléter efficacement. D'ailleurs, le POTUS est montré à la fois comme un despote du côté de ses employés, mais lui reste au fond un être humain, comme on le voit durant la séquence de l'exhibition de basket, avec en sourdine un stress terrible monter peu à peu pour savoir si oui ou non il va contre-attaquer, au risque de faire des millions de victimes du côté américain si les missiles touchent le sol.
Dans le reste du casting, on croise Jason Clarke ou encore l'excellent Jared Harris en secrétaire à la défense, mais tout le reste est du même tonneau, c'est prenant de bout en bout, filmé au cordeau façon caméra à l'épaule, et s'il n'y avait pas la musique parfois insistante, on tiendrait là un grand film. Mais il est déjà très bon, et prouve encore une fois le grand talent de Bigelow à montrer la (possible) réalité dans son horreur, avant qu'elle ne se produise.