Je ne sais pas ce qu'il en est des autres adaptations du roman de Herman Koch, Le Dîner, mais celle de Hur Jin-ho, A normal Family, est glaçante. Ce n’est pas tant par ce que le film montre que par ce qu’il signifie et qui renvoie, même si l’évènement central du scénario est hors-norme, à la banalité du quotidien familial.
Car nous n’avons pas affaire à une famille dysfonctionnelle : elle est au contraire parfaitement fonctionnelle et fonctionne comme souvent les familles, n’assumant pas et cachant ce qu’elles engendrent ou ce qu’elles veulent nier de la réalité extérieure – par tous les moyens. Et dans le cas que relate le film, l’importance et l’étalage des moyens est considérable, en termes d’argent et de reconnaissance sociale, à la mesure de l’importance de ce qu’il faut enfouir…
C’est un film au cordeau, comme l’architecture qu’il montre à l’envi : l’interprétation de chacun des acteurs, la musique, les images, tout est parfaitement réglé, comme sur du papier glacé, sans excès d’effets, juste ce qu’il faut pour laisser entendre ce que disent les mots.