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Crachat au visage
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le 28 août 2024
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Ridley Scott prend enfin une vraie bonne décision pour sa saga fétiche (la fan qu'on est en pleurerait). Car oui, avoir choisi le jeune prodige uruguayen Fede Alvarez (papa des très chouettes Don't Breathe et Evil Dead de 2013) avec une carte blanche pour redresser une saga paumée dans la nullité co(s)mique depuis les crossovers (Aliens vs Predators et son Requiem) et surtout les navets honteux Prometheus et Covenant : c'est ce qui pouvait arriver de mieux à Alien. Et on ne s'y trompe pas, ce Romulus est une véritable bouffée d'air, pas parfaite, mais qui chante sincèrement son amour des opus de la première quadrilogie (sans que les références gênent le récit, le fan-service discret est chose rare actuellement), tout en assurant le service de l'effroi (on a bondi plusieurs fois, manquant de finir carrément en orbite à la fin), avec un super personnage féminin principal (qui n'essaie de copier Sigourney Weaver, mais reprend les valeurs de son personnage), et qui soigne son esthétique très souvent (les plans sont beaux). On capte très vite que Monsieur Alvarez s'amuse avec son monstre et ses vaisseaux qui tombent en charpies, il enchaine les plans classes (on peut revoir
la naissance du Xénomorphe adulte, membre déplié après membre suintant le fluide organique dans la lumière qui s'y reflète...
), les endroits claustro avec une obscurité toujours bien placée pour souligner l'enfermement des personnages (merci chef op'), les scènes dignes de films d'action catastrophe pour diversifier le genre du film (
le sang acide qui vole, l'ascenseur qui tombe
), et une
bestiole finale qui ne nous a subjectivement pas flatté l’œil (le design nous a fait plutôt rire, et l'animation numérique est laide
) mais a le mérite d'essayer de refaire le final d'Alien Résurrection (notre plaisir coupable) avec autant de maladresse que de sincérité. Alors oui, les bestioles grandissent en accéléré dans cet opus (ça va vraiment trop vite), les personnages ne sont pas fute-fute ("Il ne faut pas faire de bruits" : sinon, tu peux aussi jeter un truc dans la direction où tu ne vas pas... Faut pas un doctorat pour y penser), l'entité finale nous a nettement laissé de marbre (on est trop fan de la version "Humalien", sans numérique grossier, de l'opus 4... Visitable à Lyon, pour les autres mordus du design de cette magnifique bestiole organique et tragique). Mais comment passer à côté de la très belle musique, de la multitude de clins d’œil pour les fans ("Get away from her... YOU BITCH !!!" - la salle a répondu en même temps -, le plan "tête-à-tête" du David Fincher, l'Humalien du Jean-Pierre Jeunet, la mention du projet Prometheus...) et évidemment un amour fou pour son Xénomorphe (il est filmé comme une rock-star au réveil, il revient au costume - avec des scènes en numérique quand même - et à l'animatronique plutôt qu'au fond vert dégoulinant de Prometheus et Covenant...). Vraiment, on s'est bien amusé dans ce Romulus, qui répond même à l'incohérence de toujours (à savoir : mais pourquoi tirer sur une bestiole dont le sang fait fondre le vaisseau ?!), on a adoré la photo ultra classe, la musique soignée, l'actrice principale Cailee Spaeny qui pourrait être la petite-fille (au deuxième degré par alliance) du personnage de Sigourney Weaver (elle assure le service amplement), et surtout un réalisateur qui essaie des choses, pas toutes réussies (on repense à la résurrection numérique de
Ian Holm
: ça, c'est non, tant sur le plan moral, que sur le plan des effets spéciaux qui dégoulinent en continu... Laissons les morts tranquilles), mais qui a au moins l'audace de tester ses idées, ce qui est une rareté dans un Hollywood toujours plus peureux dans ses sagas-stars. On a un jeune réalisateur qui s'éclate avec sa bestiole, qui est content que Pater Scott lui laisse inventer
une nouvelle forme dans son final
, et qui n'oublie pas de citer (sans beugler) les références des premiers films pour régaler les fans dans la salle... Romulus est venu, on a vu, on a adoru.
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le 19 août 2024
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