Cru, dérangeant et bouleversant. (J’en suis ressorti chamboulé terriblement tragique et c’est tout à la fois.)
la représentation du lycée japonais est aussi très intéressante : plus intimiste, réaliste et sombre, et peut-être même — je n’en sais rien — plus sincère que les autres représentations que l’on peut se faire dans les mangas ou les animes qui offrent tès très souvent une vision très idéalisée voire assez bancale. un constat qui peut être confirmé par le fait que la plupart des Japonais n’ont en réalité peu apprécié leurs années de lycée et gardent par exemple un meilleur souvenir de leurs années étudiantes.
on fait face ici à une sorte de désillusion car le lycée est peut-être l’un des plus grands symboles de la pop culture japonaise et on voit ce mensonge s’éroder sous nos yeux. ce qui peut nous sembler comme l’une des meilleures vies sur Terre finit par nous dégoûter — le même dégoût que pourraient ressentir les Japonais en découvrant le vrai Paris face à la version fantasmé qu'ils en avaient (syndrome de Paris).
d’ailleurs en regardant les edits présents sur youtube sans connaître l’histoire on a vraiment l’impression qu’il s’agit d’un film de romance assez banal. et c’est aussi très ingénieux d’avoir dissocié les images du film du récit ce qui crée un fort contraste entre ce qui est vu et ce qui est vécu comme si au final c’était un enfer qui de loin ressemblerait à un paradis.
Au final l’herbe n’est pas plus verte ailleurs. Même les hautes herbes celles des rizières qui nous font envie sont peut-être juste là pour dissimuler une vie stérile et morne à l'image du vert de Yuichi.