Troisième film pour Julia Ducournau, après Titane (Palme d'or) que j’avais franchement détesté. Autant dire que j’y suis allé à reculons, uniquement attiré par la présence de Golshifteh Farahani, l’une de mes actrices fétiches. Et là, grosse claque. Dès les premières minutes, l’ambiance m’a happé. Tout est lourd, poisseux, noir, avec une vraie tension dramatique qui ne redescend jamais. Le scénario, d’une grande rigueur, installe une époque floue, sans repères, comme hors du temps : pas de portables, pas d’ordinateurs, pas de date… juste une atmosphère de fin du monde sur fond de virus inconnu et de drame familial bouleversant.
La mise en scène est superbe, techniquement c’est splendide, la musique est parfaitement choisie allant du classique avec Beethoven à Portishead. Mais c’est surtout l’interprétation qui porte le film au sommet. Tahar Rahim est stupéfiant, incroyable dans un rôle à fleur de peau : celui d’un junkie à la dérive (il a perdu vingt kilos pour le rôle), sans doute la plus belle performance de sa carrière. Golshifteh Farahani est également très forte, même si un tout petit peu en retrait, face à la toute jeune révélation Mélissa Boros et à son partenaire masculin. Les seconds rôles sont tous impeccables.
Un film dur, implacable, sans concession, d'une tristesse infinie et à la fois d'une beauté et même d'une poésie indicibles. J'ai été scotché au siège du début à la fin.
Mon premier vrai choc ciné de l’année. Et déjà l’un des meilleurs films français de 2025 à mes yeux. Dommage qu’il soit reparti bredouille de Cannes… Espérons que les César sauront réparer ça. Au final, juste bouleversant.