Alpha
5.6
Alpha

Film de Julia Ducournau (2025)

Pour éviter de perdre un temps précieux à aller voir des films qui ne m'intéresseraient pas, je consulte toujours les (méta-)critiques d'allociné ou de senscritique avant de me décider. Finalement, ça ne sert à rien. Je suis allé voir dans la foulée Alpha et La Femme qui en savait trop. Le film de Julia Ducournau récolte un homogène et mauvais 2,7 sur allociné (presse, spectateurs) quand celui de Nader Saeivar se voit attribuer un homogène et très honorable 4,0. Mon avis ne peut être plus divergent.

J'ai pris le pari Alpha parce que j'avais adoré Grave, le premier film de Julia Ducournau.

J'aime les films de genre, quand il sont bien faits, certes, mais surtout quand l'auteur a quelque chose à nous dire, et c'est bien le cas ici. La réalisatrice me à l'écran un monde à elle, un cauchemar éveillé avec suffisamment d'îlots d'humanité pour garder l'espoir.

Si vous n'aimez pas le fantastique, passez votre chemin. Ici les gens infectés se transforment en statue de marbre. L'effet n'est pas mal, mais ce n'est pas ce que je préfère. C'est presque trop bien fait. J'aurais mieux apprécié le maquillage aux effets numériques, mais peu importe.

L'histoire est superbement racontée et les fréquents allers retours chronologiques ne posent aucun problème de compréhension puisque l'actrice principale change de coiffure à chaque fois ;-).

Tout le film est émouvant. L'amour de la soeur pour son frère toxico est poignante, les acteurs sont superbes, tous (quand j'ai lu quelque part que Tahar Rahim en faisait trop dans la maigreur j'ai blacklisté le critique) , y compris, surtout, la jeune Mélissa Boros (quand j'ai entendu qu'on l'éreintait au Masque et la Plume je n'en ai pas dormi de la nuit, ils n'y connaissent décidément rien).

Je pardonne volontiers à Julia Ducournau les passages que je trouve plus faibles, inutiles, trop démonstratifs comme la sélection des malades (scène peu crédible, et inutile par ailleurs), la découverte du tatouage qui m'a également parue peu crédible (à moins que l'effet ne soit voulu?), les effets numériques, les scènes que je n'ai pas comprises (la tempête dans l'échafaudage).

Parce que à côté de tout cela, il y a la musique de Beethoven qui illumine la merveilleuse scène du repas de famille.


(corruptible, j'ai attribué à Alpha une étoile supplémentaire due au recours à deux morceaux de Beethoven pendant le film)

OlivierHergault
9
Écrit par

Créée

le 26 sept. 2025

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