Annihilation : Entre contemplation brillante et ennui abyssal

Note : 3/10

Il y a des films qui divisent. Annihilation en fait partie. D’un côté, une œuvre visuellement stupéfiante, bourrée de métaphores et de pistes de réflexion. De l’autre, une lenteur assumée, un récit opaque et un rythme qui, à défaut de tension, finit par désarmer même les spectateurs les plus bienveillants. J'étais venu pour un moment de cinéma intense, déroutant peut-être, mais captivant. Je suis reparti avec la désagréable impression d’avoir erré dans une bulle de savon qui n’a jamais éclaté.

Alex Garland, déjà derrière Ex Machina, pousse ici plus loin sa fascination pour le mystère biologique et la psyché humaine. Sauf que cette fois, il semble délaisser toute forme de narration engageante pour nous noyer dans une ambiance hypnotique... et soporifique. L’univers du film – ce fameux "miroir" aux lois altérées – regorge pourtant d'idées intrigantes : mutations étranges, beauté organique, symbolisme dense. Et pourtant, je n’ai ressenti ni tension dramatique, ni empathie véritable.

Natalie Portman livre une performance sérieuse, appliquée, mais figée dans une gravité qui contamine tout le film. Ses partenaires, tous talentueux (Jennifer Jason Leigh, Tessa Thompson...), semblent eux aussi errer dans un rêve sans fin, comme anesthésiés. L’enjeu émotionnel est flou, distant. Les dialogues, rares et souvent cryptiques, renforcent ce sentiment d’étrangeté... mais finissent par lasser.

Côté mise en scène, rien à dire : Annihilation est plastiquement magnifique. Certaines séquences – comme celle de l’ours criant la souffrance humaine – restent marquantes. La musique, elle, alterne entre nappes atmosphériques et distorsions dérangeantes, mais là encore, elle renforce davantage le malaise que la fascination.

Au fond, Annihilation ressemble à un tableau de maître qu’on admire en silence, sans jamais réussir à s’y projeter. Un film froid, cérébral, presque snob, qui vous laisse à l’extérieur à observer des symboles que lui seul semble comprendre. Peut-être que le bon moment pour le regarder n’était pas celui que j’ai choisi. Ou peut-être qu’il ne s’adresse tout simplement pas à ceux qui espèrent encore qu’un film de science-fiction puisse être... vivant.

En somme ? Bluffant sur le papier, frustrant à l’écran. À réserver aux amateurs de SF expérimentale, les autres risquent fort de se sentir, comme moi, désespérément exclus du voyage.

Mika-el
3
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Créée

le 18 août 2019

Modifiée

le 10 juil. 2025

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Mica

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