Ariaferma est un film de prison, certes, mais pas vraiment comme les autres et pas seulement parce qu'il n'a rien de spectaculaire et qu'aucune tentative d'évasion n'y figure. Le postulat de départ est original : dans une prison vétuste et en passe d'être démolie, 12 détenus restent en attente de transfert, surveillés par autant de gardes. A partir de là, ce huis-clos très resserré et théâtral (ce que la mise en scène inventive de Leonardo Di Constanzo souligne avec intelligence, dans ses images et sa musique) va se développer et enregistrer les oscillations des relations entre deux populations plus proches qu'à l'accoutumée, comme hors du monde. Le réalisateur se défend d'avoir voulu réaliser un état des lieux des conditions pénitentiaires en Italie, préférant mettre en exergue l'absurdité de l'enfermement. Mais on trouve aussi d'autres choses dans Ariaferma et notamment une bonne dose d'humanisme, qui passe par des détails savamment distillés et des comportements transgressifs. Habitués à des castings de non-professionnels, Di Constanzo a engagé de véritables détenus qui tiennent la dragée haute à deux des plus grandes stars du cinéma transalpin, à savoir Toni Servillo et Silvio Orlando; lesquels livrent des prestations hauts de gamme. Riche en scènes très intenses et d'une grande profondeur, Ariaferma, espérons-le, devrait trouver en 2022 les chemins des salles françaises.