À part quelques raretés principalement shakespeariennes, Kenneth Branagh n’a jamais vraiment brillé de par sa mise en scène, notamment sur les blockbusters hollywoodiens. Il a déjà rendu bien insipides l’incursion kitchissime de Thor dans le MCU, le reboot ringard de Jack Ryan, le remake fadasse de Cendrillon et plus récemment l’adaptation friquée pour pas une d’Agatha Christie. Bref, son contrat avec Disney semble perdurer puisqu’il met en scène l’adaptation du premier tome de la saga littéraire "Artemis Fowl", romans pour jeunesse comme il y a eu à la pelle et dont les retranscriptions cinématographiques n’ont quasiment toutes jamais engendré de franchise.
À cause (ou grâce) au COVID-19, le film atterrit directement en VOD sur la plateforme Disney+, l’occasion de découvrir ce qu’on a raté en salles obscures : un long-métrage alternant entre pilote de série TV et bouillie de CGI approximatifs, un film féérique manquant cruellement de magie, l’étron chié par ton chien dans le jardin des voisins bruyants, celui que t’as même pas envie de ramasser. Réalisé sans talent aucun, sans humour, sans rythme, sans la moindre dimension cinématographique, Artemis Fowl rentre dans le moule des films pour bambins avides de couleurs vives et d’effets spéciaux au rabais. Même Arthur et les Minimoys est plus beau, c’est dire.
Avec sa direction artistique vomitive, ses costumes kitchs de carnaval, ses images de synthèse d’un autre âge, sa galerie d’acteurs perdus (pauvre Judi Dench qui enchaîne les navets numériques après Cats) et son scénario aussi illogique qu’inconsistant, le film est une épreuve. Difficile de trouver des qualités dans cette péripétie vue et revue où un jeune héros antipathique va devoir trouver un artefact laissé par son père et s’allier à des elfes high-tech pour déjouer le plan d’un traitre parmi les créatures magiques. Chiant comme un rat mort, moche comme pas deux, ringard jusqu’à la moelle, ce premier (et on l’espère unique) film d’une franchise qui n’aura pas lieu reste une énigme de production. À éviter. Et qu’on arrête de filer des projets à Kenneth Branagh.