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le 14 juil. 2023
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Wes Anderson revient en 2023 avec son nouveau film présenté en compétition à Cannes soit un peu moins de deux ans après son très grand et grandiloquent « The French Dispatch ». Mais passé la Hype que le réalisateur suscite à chaque nouvelle sortie, qu’est-ce que nous offre « Asteroid City » ? Un casting étoilé dense mais sans saveur. Un sens de l’esthétisme et d’un travail chiadé sont au rende-vous mais à nouveau un manque regrettable d’implication du spectateur. Ce qui suscite l’engouement chez Anderson peut, pour beaucoup, se transformer en agacement. Oui car c’est agacée que je constate qu’il s’agit d’un film qui m’a laissé encore une fois comme pour « The French dispatch » assez hermétique à son propos, alors que j’adore l’univers de Wes Anderson.
Le réalisateur choisi une narration semblable à celle de son précédent film ou plus précisément il conte par le truchement de la mise en abime. Pour The French dispatch chaque journaliste d’un journal du même nom racontait une histoire différente, ici Bryan Cranston est celui qui nous raconte l’histoire d’un réalisateur loufoque et marginal ( Edward Norton) qui écrit et réalise une pièce de théâtre filmée dans la ville imaginaire d’asteroid City. Par ce biais là Anderson peut alors nous raconter la pièce de théâtre mais aussi les coulisses à travers les péripéties des acteurs de la pièce. Il le fait notamment avec la romance passée contrariée entre le metteur en scène lubrique ( Adrien Brody) et son amie-muse- actrice ( Scarlett Johansson) mais aussi furtivement celle de l’acteur d’ Augie ( Jason Schwartzmann) et le réalisateur ( Edward Norton). Anderson peut aussi nous parler à travers ce choix narratif de la recherche artistique et du processus créatif notamment en suivant le réalisateur en quête d’une troupe d’acteur pour illustrer au mieux une scène de « Sommeil onirique » en demandant les conseils et les services d’une classe d’art dramatique dirigée par Willem Dafoe. Mise en scène créative qui m'avait pourtant donnée le tournis dans « The French dispatch . Pour son nouveau film le procédé fonctionne mieux car moins dense et plus lisible. Bon c’est sympa mais ça n’apporte pas grand chose et surtout pas de profondeur aux personnages. D’ailleurs le cinéma d’Anderson a beau être bien marqué par son sens du beau, de l’esthétique et son originalité, pourtant, il ne me touche plus. La forme ne peut à mon sens rattraper le fond qui est une coquille vide : On ne se sent pas impliqué par les évènements ni même touché par les personnages. Dès lors on devient très indifférents aux enjeux du récit. Comme une sensation de « gâchi » à la sortie de la séance car le charme Anderson n’opérant qu’à moitié, tous les sujets qu’il traite paraissent dérisoire, on ne les prend plus au sérieux et ne suscitent aucune émotions.
D’ailleurs en parlant de thématiques, Anderson aborde tout de même le totalitarisme, le contrôle de l’information, le confinement, la puissance étatique qui contrôle tout. Aussi il traite du deuil, de l’adolescence, de l’innocence enfantine mais aussi il y a une critique de la création artistique avec la difficulté de mettre en scène une oeuvre à travers des problèmes tant matériels que personnels. En effet , Wes Anderson essaye d’humaniser tant les acteurs que les réalisateurs, metteurs en scènes que les contraintes liées au monde de la production. On le voit à travers le personnage de l’actrice montante incarnée par Scarlett Johansson mais aussi à travers le metteur en scène en plein divorce qui ne veut (ou ne peut) plus rentrer chez lui. Plus frappant encore peut-on citer la scène entre Jason Schartzmann et Margot Robbie qui se rencontrent entre deux tournages de films ( dans des décors) et discutent avec mélancolie d’une scène qu’ils ont tourné ensemble qui ne verra jamais le jour car coupée au montage.
Bref Anderson tente d’aborder plusieurs thématiques mais noyées dans tant d’esthétisme et dans si peu de profondeur, ça tombe à l’eau. On a vraiment du mal à prendre tout cela au sérieux tant le monde coloré tel un magnifique bonbon et le ton léger - avoisinant la comédie- prennent le dessus.
On dirait presque, qu’à vouloir trop en faire et trop en mettre avec un casting dense, Anderson oublie en quelque sorte de vraiment écrire ses personnages qui restent très superficiels sans jamais nous toucher comme il a pu le faire avec « The grand Budapest Hotel », « Au bord du Darjeeling Limited »ou encore « La famille Tenenbaum » pour lesquels la formule Anderson marchait et nous offrait des oeuvres belles sans rien perdre de leurs profondeurs.
Asteroid City, passé la hype et l’aspect esthétique haut en couleur , est un film qui ne raconte pas grand chose alors qu’il aurait pu. C’est un film de 1h45 qui suffit pour se dire qu’on a « vite fait le tour »d’un propos qui se perd et qui n’a pas grand chose à dire. On passe certes un bon moment mais il s’inscrira malheureusement à mon sens comme un film oubliale, du style aussi vite vu aussi vite oublié pour ceux à qui le style Anderson plait aux yeux mais ne parle plus.
Créée
le 19 juin 2023
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