Une histoire de famille, une ode au cinema.

Avec «  The  Fabelmans  » Spielberg signe son œuvre la plus intimiste en nous offrant l’histoire d’un jeune homme qui se découvre une passion naissante pour le cinéma. Très rapidement et très implicitement on comprend que Spielberg narre l’histoire de sa vie sans jamais la nommer. C’est d’ailleurs avec beaucoup de douceur, de chaleur, et nostalgie qu’il le fait. 
«  The Fabelmans » c’est une lettre d’amour ouverte au cinéma qui retrace les débuts de ce jeune Spielberg, ses inspirations, ses doutes, ses difficultés mais aussi l’obsession d’une passion dévorante et grandissante au fil des années. L’histoire de ce nouveau Spielberg c’est aussi avant tout une histoire familiale. On rentre dans le cercle restreint et intimiste qu’est la famille. Famille ou apparait très rapidement la dualité à son paroxysme avec le couple des Fabelmans.

Dans cette dualité la mise en scène insiste sur la force mais aussi la fatalité du sentiment amoureux et ses conséquences directes sur la famille, et de manière plus indirecte, sur la vie du futur réalisateur.
Le couple qui semble d’abord être le moteur de la création artistique de l’enfant -puis du jeune homme - mais aussi le frein puis de nouveau l’inspiration.

Spielberg arrive à mettre brillamment le couple comme entité centrale du film mais aussi comme véritable pivot dans la construction du jeune homme. A travers les épreuves que la famille Fabelmans va traverser on ressent, à mesure que le récit avance : Le besoin de sortir du carcan familial et surtout celui de s’éloigner de la figure paternelle incarnée avec brio et justesse par Paul Dano. 
Au-delà d’un portrait convaincant et touchant d’une famille juive américaine des années 50-60  on se concentre sur la force des liens familiaux ou l’on ressent la dualité de l’amour. Les liens forts pleins d’amour et de tendresse, de partage et d’émerveillement mais aussi de ressentiment, de tristesse et surtout de fatalité quand, par la force des choses, les liens s’étiolent, les sentiments changent et les liens se défont.

Spielberg arrive à nous toucher, à nous impliquer et à créer l’empathie du spectateur par le biais d’une mise en scène qui touche par sa simplicité et sa sincérité mais aussi à travers la direction des acteurs impeccables. On a un Paul Dano extrêmement convaincant et touchant dans son rôle de père de famille souvent dépassé par les événements mais profondément et inconditionnellement amoureux de sa femme. C’est un amour qui crève l’écran. Michelle Ryan porte avec justesse le visage de la dualité de la famille et la dualité de ses sentiments tiraillés et changeants. Michelle Ryan, de par son personnage donne le ton au film et à son basculement dramatique ou, à tout le moins doux amer.

A mon sens c’est ce que nous offre Spielberg : Une ode au cinéma, une lettre d’amour ouverte au cinéma à travers le portrait d’une famille juive américaine, un biopic doux amer ou la famille à un rôle central. En deuxième plan on a cette ode au cinéma et à la force créatrice de la
réalisation et les sentiments qu’elle évoque.

Spielberg se livre aussi sur le cinéma qui semble être l’art de parler à travers une caméra de ses émotions ou encore de rendre une personne bien plus héroïque qu’elle ne le sera jamais en enjolivant les choses à travers le travail de tournage et de montage.  Le réalisateur à travers le personnage de Sammy nous donne sa définition du cinéma : L’art d’enjoliver les choses, de rêver, d’adoucir le quotidien et plus principalement peut être distille t-il ce message pour nous dire que c’est le travail de l’art en général puisque Mitzi ( Michelle Willams) semble mettre toute sa tristesse et sa mélancolie dans sa passion pour le piano. Le cinéma mais aussi la passion en général rend donc la vie plus belle ou du moins plus supportable puisqu’il aide à chasser nos démons et, par exemple, dans The Fabelmans à vaincre la tristesse du deuil et du déchirement familial. Ce même déchirement familial dont peut naitre les inspirations et ce qui guidera le réalisateur dans sa futur carrière. 

Spielberg met parfaitement en lumière d’une part la beauté des liens familiaux qui nous unisse et nous déchire et d’ autre part, la difficulté de croire en ses rêves et de les réaliser ainsi que les risques de donner beaucoup de soit même pour percer dans une industrie dure qu’est celle du cinéma. Le message transperce l’écran surtout dans la dernière scène avec une petite apparition de David Lynch en grand réalisateur. On a donc comme l’a déjà fait Damien Chazelle ( Whiplash, La La land) un message fort sur la difficulté de réaliser ses rêves et les risques de vivre de sa passion et tous les sacrifices que cela engendre pour se faire un nom dans la La land machine. 

The Fabelmans propose au-delà d’un récit intimiste et touchant par sa simplicité et sa sincérité, une photographie travaillée et chiadée avec des couleurs douces rappelant la douceur d’un foyer puis des teintes plus sombre suivant les variations du récit ( notamment à partir de l’arrivée à Los Angeles dans la maison de location, l’arrivée dans un nouveau lycée hostile aux Fabelmans) ainsi qu’une B.O toujours aussi grandiose porté par l’éternel duo Spielberg - John Williams.

Claudia_Chml
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le 1 mai 2023

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