Intéressant ce film. Mais il faut s'accrocher au début.
En effet, après une belle scène introductive, le film semble se perdre pour amener tous les enjeux : c'est lent, archi lent, inutilement lent ; il ne se passe rien, ça ne raconte pas grand chose. Bref, tout ce qui doit être installé en début de film aurait pu l'être en 10 minutes au lieu de 30. On pourrait penser que cela pose le rythme du reste du film. C'est à la fois vrai et faux : vrai parce que l'on retrouvera cet enchaînement des mêmes sous-intrigues jusqu'à la fin du film, faux parce que le reste du film est plus riche. Certes, on reste dans la contemplation des petits rien de la vie, mais c'est bien plus parlant par après, parce que les personnages sont créés, parce qu'il y a des attentes, des enjeux, quelques conflits.
J'aime beaucoup le lien entre toutes ces intrigues, notamment le rapport entre le corps et le langage. C'est assez malin et surtout l'auteure n'insiste pas lourdement dessus avec des explications psychanalytiques pédantes. J'aime beaucoup le personnage central aussi, dans toute sa complexité, ses contradictions logiques.
La mise en scène est réussie ; la réalisatrice met en avant l'esthétisme, mais un esthétisme froid. Cela permet ainsi de profiter de l'image lorsque ça ne raconte rien. Les acteurs sont bons, simples, efficaces. Apparemment, la belle Ariane Labed a le vent en poupe puisqu'elle participe désormais à des productions hollywoodiennes après s'être fait remarquer dans des productions indépendantes.
Bref, un film étonnant, qui pourra rebuter à cause d'une première demi-heure longue et pauvre en narration, amis qui plaira pour sa suite plus soutenue, plus riche.