Avouez que c'est improbable, on parle d'un roman américain déjà adapté en France par Costa-Gavras ("Le Couperet" en 2005), puis ici par le Coréen Park-Chan-Wook en 2026 ! Mais c'est peut-être tout simplement le témoignage que le thème du chômage et de l'implacabilité du marché capitaliste est aussi universel qu'intemporel.
Notre protagoniste est ici Yoo Man-su, ingénieur expert en papier qui vit une existence comblée. Avec une maison magnifique, un jardin soigné, et une belle famille recomposée, dont 2 chiens en option. Son monde s'effondre lorsqu'il est licencié comme un malpropre. Incapable de retrouver un emploi similaire, déprimé, il se résout à l'impensable : exécuter un cadre dont il convoite le poste... et les autre candidats qui pourraient le battre dans la course à l'emploi !
Le film reprend à grosses mailles la trame de la version de Costa-Gavras, mais le ton et le développement est tout autre. Park Chan-Wook livre une oeuvre typiquement coréenne, très acide, oscillant entre d'un côté l'humour noir voire hénaurme, proche de la farce.
Car notre homme n'a rien d'un assassin professionnel. Voir notamment une séquence aussi drôle qu'intelligente sur fond de vinyle assourdissant ! De l'autre côté, certains passages sont bien sombres et inquiétants, voire violents, dignes d'un thriller noir coréen. Avec notamment une mise à mort aussi improbable que terrifiante.
En sus, l'ensemble tire évidemment à boulets rouges sur la société coréenne. Les femmes au foyer sont affectées d'un certain mal-être. Les hommes, écrasés par la pression de la réussite et du statut, sont pour la plupart alcooliques !
Je reprocherais quelques longueurs, mais globalement la mise en scène se repose jamais sur ses lauriers, proposant nombre de séquences drôles, prenantes, ou inventives. Portées par un excellent Lee Byung-hun, dans un personnage particulièrement torturé et mis au pied du mur.