Derrière des visuels aussi pétillants de couleurs et des sonorités hispaniques subtilement torrides, il ne peut y avoir qu'un seul homme : Pedro Almodóvar. Malheureusement, si sa cinématographie reste à son apogée, ce qu'il narre avec Autofiction semble manquer de l'intelligence à laquelle le scénario prétendait.


Avec son récit de réalisateur vampirisant la vie de ses proches pour écrire son prochain film, le cinéaste se devait d'établir une œuvre sincèrement personnelle, en y insérant toutes ses thématiques fétiches. S'enchaînent alors dans cette mise en abyme cinématographique de nombreuses situations déjà vues tout au long de sa filmographie : deuil de sa mère, homosexualité, tentative de suicide... Sauf que pour établir le pont entre réalité - réalité fictive - fiction dans la fiction, il fallait user d'un montage plus parcimonieux, usant de bien plus de ruse. Le résultat final se veut bien maigre dans la réflexion de sa construction, délaissant le réel une majeure partie du film.


Ce choc, entre la vérité du réel glissée dans une fiction et les émotions des proches ayant inspiré l'œuvre, tarde démesurément à se produire. Il faudra attendre un final poignant, unissant Aitana Sánchez-Gijón & Leonardo Sbaraglia au cours d'une logomachie brûlante de souffrance et de vérité, pour ressentir cette fissure chez les personnages mis au pied d'un miroir déformant leur vie pour ne garder que leurs douleurs.


En dépit d'un manque d'originalité dans son déroulé, pourtant bienvenu au vue de la mise en abyme thématique orchestrée, il est indéniable que Autofiction ne faillit pas dans ses réflexions. Derrière sa monotonie parfois pathologique, se cache un cœur réflexif introspectif et bouleversant, où le cinéaste en plein tourment se questionne sur l'impact de son œuvre sur ses amours et ses proches. Si le résultat ne permet pas de briser la frontière entre réalité-fiction, il permet de briser mon cœur au milieu de la souffrance de tous ces protagonistes colorés par leurs émotions.

Franchooouuuille
6

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Créée

le 22 mai 2026

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