Avant d’être une vitrine esthétique, Avatar était surtout, pour son premier film, un chef-d’œuvre intemporel, et le deuxième chef-d’œuvre de James Cameron après Titanic.
Le scénario du premier Avatar est tout simplement magnifique. Il met en scène une société humaine, la RDA (Resources Development Administration), qui cherche à envahir la planète sauvage Pandora afin d’y exploiter un métal extrêmement précieux, l’unobtanium. C’est donc, une nouvelle fois, l’appât du gain, et une critique féroce de l’impérialisme américain, qui pousse des soldats et des industriels à une solution radicale : créer des avatars, des corps biologiques artificiels identiques aux créatures réelles de Pandora, les Na’vi.
Le but de cette création est simple : sympathiser avec les autochtones, apprendre leur langue, leurs coutumes, et leur demander de bien vouloir quitter leur arbre sacré, précisément situé à l’endroit où se trouve le métal convoité. Sauf que cet arbre est sacré pour les Na’vi, puisqu’il est le berceau de leur divinité, Eywa, l’âme vivante de Pandora.
Qu’à cela ne tienne : Jake Sully, le personnage principal, un ancien marine handicapé et en fauteuil roulant, va peu à peu trahir les siens en comprenant que ce monde est bien plus juste et plus bon que celui des humains. Autant employer alors la manière forte, sous l’autorité du colonel Miles Quaritch, véritable antagoniste de cette histoire, à la fois charismatique et viril, qui n’a aucun respect pour ces créatures qu’il appelle des « sauvages » et qu’il souhaite simplement anéantir.
Jake n’a pas seulement été intégré à la tribu des Omaticaya : il est aussi tombé amoureux de Neytiri, une guerrière Na’vi, fille du chef Eytukan et de la chamane Mo’at. Mais lorsque les « hommes venus du ciel » se déchaînent sur leur terre ancestrale dans un déluge de feu et de technologie, les Na’vi, qui se battent avec des arcs face à des machines de guerre, sont tout simplement trop faibles.
Jake n’a alors plus le choix : il doit avouer qu’il est des leurs, qu’il savait ce qui allait se produire, et qu’il a, en quelque sorte, trahi leur confiance. Il sera cependant pardonné lorsque sa nouvelle tribu verra à quel point il est totalement investi pour les sortir d’affaires et défendre Pandora jusqu’au bout.
Si l’intrigue des films suivants n’est plus du tout aussi percutante, ce film, sorti en 2009, soit il y a désormais plus de quinze ans, est absolument à revoir. Car il ne s’agit de rien de moins que d’une démonstration limpide de ce que les Américains ont fait aux peuples amérindiens, détruisant leurs cultures pour imposer la leur, sans aucun respect pour leurs religions ni pour leurs coutumes ancestrales.
Un message toujours d’actualité, partout où l’impérialisme gagne du terrain.
Avatar 1 avait tout compris. Le premier avait déjà tout dit.