Mettons de côté une intrigue absurde, qui cache visiblement sa pauvreté dans un humour lourdaud, l'aspect mélodrame pesant, ça pleurniche beaucoup, entrecoupé de vannes poussives. Oublions l'impasse évidente de raconter la vie intérieure de personnages qui se balancent des planètes à longueur de journée, à quel moment une réelle empathie est elle possible avec des enjeux aussi surdimensionnés ? ou l'idiotie de ressusciter des personnages, annulant ainsi un des seuls ressorts de l'opus précédent. Si les actes n'ont pas de conséquence, alors il n'y a plus d'enjeux. Ne réfléchissons pas sur le type d'idéal que véhiculent de tels films, tout est possible, les conséquences n'existent pas, la tout puissance de l'homme augmenté, ou cette curieuse idée du deuil. Oublions la laideur de la bataille finale et l'absence totale de mise en scène. Oublions cette sale habitude de vouloir représenter chaque catégorie de la population selon le sexe ou la couleur de peau. Balayons tout ça pour le moment. Dans le cinéma, il y a, il me semble, une ouverture à quelque chose, un jeu subtil entre mise à distance, et donc étrangeté, et rapprochement par l'empathie. Il y a rencontre. Avec ce film, il y a impasse. La référence à soi est omniprésente, c'est assez consternant de revisiter son propre univers sans jamais proposer un nouveau regard. Bref, c'est un imaginaire qui fonctionne en vase clos, qui s'idolâtre et qui par un snobisme renversé traite d'élitiste tous ceux qui le critique. On arrive à un degré d'infantilisation proche de l'autisme. Et peu importe si des millions de personnes le regardent, ce n'est pas le nombre qui compte. Ce film enferme. Cet imaginaire ressemble à une prison.