Tout comme le récent Obsession, Backrooms bénéficie d’une notoriété que je ne comprends pas. Non pas que le film de Curry Barker soit mauvais. Au contraire, je l’ai trouvé efficace et pertinent dans ce qu’il propose. Mais de là à considérer le cinéaste comme le nouveau grand nom du cinéma d’horreur – comme j’ai pu lire à droite à gauche –, ça me dépasse… Mais je reconnais me réjouir du parcours du titre, ce dernier connaissant le succès alors qu’il s’agit d’un long-métrage original, réalisé avec envie, ambition et efficacité. Pour Backrooms, je suis cependant plus dubitatif. Et ce n’est pas faute de m’être préservé de la hype grandissante du projet, évitant toute bande-annonce, résumé ou autre spoiler venant entacher la découverte – surtout que le long-métrage use allègrement de son mystère. Mais malgré cela, je suis tout de même sorti déçu de la salle. La faute revient principalement au statut de film à concept, qui voit une idée pouvant être intéressante mais qui conviendrait bien mieux à un épisode de série ou un court-métrage. Dans le cas de Backrooms, cela démarre par une première partie assez prometteuse, durant laquelle Kane Parsons fait preuve d’une indéniable maîtrise. Il sait prendre le temps nécessaire pour planter ses personnages et son décor. Il parvient à sublimer ce dernier afin de créer une ambiance malaisante, sans jamais tomber dans la facilité des jumps scare – le silence est ici bien utilisé. Bref, il captive d’entrée de jeu, aidé par un casting convaincant – quelle surprise d’avoir Renate Reinsve dans une telle production, moi qui ai plutôt l’habitude de la voir chez Joachim Trier ! Mais plus le récit avance, plus il s’effrite. Le concept s’éternise machinalement, étirant à l’excès les séquences qui en deviennent pompeuses jusque dans les effets de mise en scène. Puis quand vient la révélation frontale de la « menace », Backrooms vacille dans le guignolesque, enchaînant sur une longue course-poursuite qui fait perdre au décor son ampleur et sa complexité. Au lieu d’1h45, il aurait été judicieux d’avoir un visionnage avoisinant 1h20. Et là encore, je trouve ça exagéré pour ce que le film montre et raconte. Comme pour Obsession, je suis content qu’un tel projet parvienne à faire son bonhomme de chemin question box-office. Permettant d’attirer les gens en salles et de donner la chance à de jeunes réalisateurs pour se faire une place dans une industrie en constante remise en question. Mais dans le cas de Backrooms, j’aurais clairement préféré que cela se fasse avec un résultat plus impactant et moins ennuyeux.

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le 19 juin 2026

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