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Dead end suite
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le 18 juin 2026
Est-ce qu'il y a vraiment besoin de résumer tout ce qui fait le charme des Backrooms ? Ces sentiments de vide et de malaise dans des espaces infinis qui semblent comporter une trace d'humanité ? C'était avec un intérêt le plus total pour le meilleur concept de l'Histoire d'internet que je suis allé voir Backroom, pensant qu'ils allaient tout foirer. Finalement c'était plus compliqué que je ne l'avais imaginé.
Au départ, je ne connaissais pas Kane Pixels. Mais ayant un amour profond pour le concept des Backrooms grâce à Mythologics, je n'était tout de même pas emballé par l'idée d'intégrer un scénario ficelé et bavard au sein d'une ambiance qui peut se suffire à elle même. Mais après tout pourquoi pas, jugeons le film pour ce qu'il est avant de le critiquer pour ce qu'il aurait pu être d'après mes attentes.
Alors oui, il y a du décor. Le film esthétiquement, est tout simplement magnifique. On voit que le grand écran sert bien la cause, est c'est d'ailleurs je pense, sa plus grande force. On est vraiment plongé dans un univers incompréhensible avec de longs tunnels et couloirs qui donnent le vertige. C'est clairement impressionnant à grande échelle, et le monde que l'on connaît est respecté au plus haut point, on est donc rassuré par le dépaysement. Les alternances entre full HD et found footage fonctionnent plutôt bien, permettant à la fois un régal pour les yeux et une vision cauchemardesque. Je ne m'y attendais pas. Voilà, c'était la première partie du film. Maintenant, parlons du reste.
L'idée d'instaurer une histoire psychologique autour de deux personnages et de lier le tout au thème de la fuite et de la solitude, en utilisant les Backrooms comme prétexte, à vrai dire, pourquoi pas. C'était inattendu et osé, et cela marchait bien au début. On avait vraiment l'impression d'avoir affaire à un vrai film, qui ne cherche pas simplement à faire peur mais aussi à raconter quelque chose comme la plupart des BONS films d'horreur qui se respectent (voir mon top svp).
Mais si je veux bien m'ouvrir à ce genre de risque, la seconde partie relève carrément de l'arnaque la plus absolue. À partir du moment ou le second protagoniste entre en scène, on quitte littéralement les Backrooms pour entrer dans un film classique d'horreur le plus lamentable et cliché qui soit comme on en faisant dans les années 80. Le film est alors divisé en deux : un film « horrifique » utilisant le concept de Backroom pour raconter une histoire d'une part, et un film d'adolescent en second lieu, comme si Stranger Things n'existait déjà pas pour nous faire vomir notre cervelle en 12 saisons et 8 parties.
À la seconde moitié, le film ne fait pas qu'expliquer la totalité de son intention. Il réexplique même la pensée des personnages en boucle, comme si le début du film avait été effacé de notre mémoire de demeuré. Alors qu'on avait au départ, un film intéressant (mais pas incroyable) utilisant le concept des Backrooms pour sous-entendre une intrigue philosophique au sujet de la lâcheté et des traumas, on termine sur une encyclopédie surexplicative pour adolescent TDAH en manque d'indices sur le méchant caché.
Spoiler : cela a fonctionné. Sur youtube, je ne compte pas les milliers de vidéos qui foisonnent pour alimenter le jeu des Backrooms plutôt que le film qui aurait pu exister.
Tout est trahi dès la seconde moitié. Les Backrooms ne sont plus un endroit où l'on peut se perdre. Elles deviennent un énième décor posé là, où l'on court comme un débile pour fuir le gros monstre de ton slasheur nul préféré. Le côté S.F n'est plus imagé, le mythe disparaît, tout est démystifié afin que l'on quitte l'horreur au profit d'un thriller SYFY fait à la ramasse. Et vraiment ça m'énerve, car le meme qui se « moquait » de nos symboles de films d'horreur récents (une petite amie et des salles) est vraiment un fierté pour moi. L'horreur se réinvente plus que jamais à notre époque, il serait temps de s'en réjouir plutôt que de retomber dans les mêmes poncifs dépassés... Et Kane devait être le le roi pour détruire cela.
Et puis ce n'est qu'après, en tant qu'inculte, que j'ai découvert la série de Kane Pixels pour me faire un avis. Que dire si ce n'est qu'elle m'a encore plus dégoûté du film...
Dans la série, le « clip » est réalisé de sorte à ce qu'il intervienne de façon surprenante et à peu près crédible dans les found footage. D'ailleurs souvent on ne le voit pas vraiment. Il y a un côté effrayant au « clip ». Pour celles et ceux qui ont vu la scène de la fille avec les balles, on est d'accord qu'on est sur un autre niveau de réalisation non ? Qu'il y avait de l'idée ? Que Kane a réussi à faire d'un phénomène ridicule un truc intriguant ? En tous cas il a au moins essayé. Dans le film, il n'est pas question de clip mais de passage magique comme si on était dans un film de Walt Disney. Alice au pays des Merveilles me fait plus peur à ce compte là. Il n y a aucune réalisation, pas d'idée, aucune tentative de nous faire vivre l'évènement qui, désolé pour le spoil, n'en est pas un puisque le personnage peut revenir en arrière ! On entre et on sort des Backrooms comme dans la chambre de ta grand mère : c'est pas tentant mais possible, il suffit juste de le vouloir fortement en se pinçant le nez.
Dans la série, les « monstres » ou entités, gâchaient un peu le concept mais le travail sur le son et le flou qu'on laissait un peu trainer généraient de la confusion : on était, comme les personnages, dans l'incompréhension la plus totale. Parfois on avait des sons d'humains, parfois pas, parfois un mélange des deux, bref c'était la paranoïa. On scrutait, tendait l'oreille, on fouillait les recoins. Il n y avait pas qu'un jeu avec les lumières et les points de vues, ce n'était pas que du DECOR, le son était littéralement au cœur de l'expérience comme si l'image ne faisait parfois que l'accompagner. En d'autres termes, dit avec d'autres mots que Kane a oublié ici : c'était réalisé... C'était pensé pour nous faire ressentir quelque chose. C'est ton travail Kane. T'es dans une Backroom ou quoi ?
A cela une seule question : où est passé l'horreur dans ce film ? Où le voyez vous ? Et non, une accumulation de diaporamas à la fin de façon aléatoire ne va pas rendre le film expérimental. Donc même si la première partie m'a plu, je suis obligé de conclure que c'est un ratage tout de même dans l'ensemble, et qui s'agrandit à mesure qu'on regarde cette série bouleversante qui s'intitule dignement The Backrooms, et qui se trouve seulement sur Internet.
Créée
le 6 juil. 2026
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