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Dead end suite
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Après le grandiose Obsession, un nouveau film d’épouvante réalisé par un jeune réalisateur qui a fait ses classes sur YouTube débarque dans nos salles climatisées.
Kane Parsons est âgé de 20 ans. Le jeune prodige s’est fait connaître en reprenant le concept des Backrooms dans des courts métrages sous le nom de Kane Pixels. Face au succès de ses œuvres, Hollywood lui a ouvert ses portes pour lui permettre de transposer cet univers sur grand écran. Il bénéficie d’un budget confortable de 10M€, d’un casting solide qui repose sur Chiwetel Ejiofor et Renate Reinsve, du soutien de la prestigieuse société de production A24, ainsi que Atomic Center de James Wan.
Dès la scène d’introduction, on est plongé au coeur de cette suite de pièces d’un jaune grisatre, à travers le regard d’un homme en panique qui semble être en fuite. On ressent de l’angoisse à errer en ce lieu qui défie toute logique architecturale, avant que la mort ne frappe de manière brève et violente. Au travers d’un écran, on s’aperçoit que trois personnes assistent à cette scène.
Nous sommes en 1990, Clark (Chiwetel Ejiofor) gère un magasin de meubles dans une zone désertique de la banlieue américaine. L’homme est un architecte frustré, sans vie sociale, qui vient d’être mis dehors par sa femme. Dans ce contexte, il suit une thérapie auprès de Mary (Renate Reinsve). Dans le sous-sol de son magasin, il va traverser un mur et se retrouver dans les pièces jaunâtres qui sont aussi tristes que la banlieue et sa vie.
Kane Parsons pose les bases de son univers. Un dédale labyrinthique de pièces déprimantes où des objets s’accumulent, sans qu’ils ne soient toujours entièrement apparents, ainsi que la présence d’un monstre. Comme l’impression d’être dans le Nostromo avec l’Alien tapi dans l’ombre, susceptible d'apparaître et de frapper à tout moment. On pense aussi à Cube avec ses diverses trappes, à ne pas savoir ce qui se trouve derrière chaque porte et au détour d’un couloir.
Backrooms alterne les plans fixes qui nourrissent notre angoisse. On est dans les pas de Clark dans sa découverte de ce monde à part. On a comme l’impression de tourner en rond, d’être dans une boucle dont on ne peut s’extraire, de manquer d’air et d’être au bord de l’asphyxie. Cela ressemble à la vie, à son quotidien où chaque jour de la semaine est conditionné par ses horaires de travail et ses tâches répétitives qui peuvent finir par lasser et générer divers symptômes.
La première partie repose sur le fait de ne pas savoir, d’être en attente de réponses et de se retrouver face à ce monstre dont l’ombre plane sur chaque pièce. Elle est intrigante, prenante et asphyxiante. Dès que l’intrigue s’emballe, le film perd de sa superbe avec un passage éphémère en found footage, avant que le scénario ne se perde dans ses tentatives d’explication, avant de sombrer lors de son basculement dans l’horreur pure. Le monstre est une hérésie. Puis sa fin ouverte à diverses interprétations, en soit n’est pas problématique, si le parcours pour arriver à ce plan final n’était pas devenu laborieux.
Backrooms est pensé comme une franchise dans le genre de Paranormal Activity. Il souffre de la comparaison avec Obsession, que ce soit dans sa mise en scène, son scénario et la manière d'aborder sa thématique. Surtout, le budget de 10M$ avec ses décors minimalistes et son infâme monstre semble avoir été principalement investi dans la peinture jaune et les meubles ikea.
Kane Parsons ne souhaite pas donner d’explications, ce qui est louable de sa part. Chacun doit se faire son opinion et interpréter l'œuvre à sa manière. Pourtant, une question me taraude: “sait-il où cela nous mène?”. A moins que nous soyons dans la version cinématographique de Lost et qu’au bout de ses prochains volets à venir, en raison du succès du film, finisse par nous décevoir. Finalement, Kane est-il comme Clark, dans une fuite en avant, à se complaire et se nourrir de son univers, afin de ne pas assumer ses actes et leurs conséquences.
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le 22 juin 2026
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