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Dead end suite
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Au sous-sol de son magasin de meubles dont il est propriétaire, Clark, un homme en pleine stagnation existentielle, découvre un mystérieux passage l'emmenant vers les "Backrooms", un enchevêtrement de pièces, miroirs de néant absurde à notre réalité et semblant se prolonger à l'infini...
Au départ de ce "Backrooms", il y a un prodige de seulement vingt ans: Kane "Pixels" Parsons qui, non content de s'être emparé de ce concept et de l'avoir développé avec brio depuis l'adolescence pour en faire la version la plus populaire à ce jour sur le web, la porte aujourd'hui sur grand écran avec un talent de mise en scène parvenant sans mal à s'inscrire dans les strates qualitatives de l'écurie A24.
Sur la forme, on ne peut en effet qu'en sortir bluffé, le bonhomme propulse l'horreur dite liminale pour la porter à un firmament rarement atteint, où l'angoisse ressentie face à l'exploration de ce monde, décalque tout aussi abstrait que grotesque du nôtre, nous contamine frontalement par le malaise qui en émane. En plus de séquences façon found footage qui nous maintiennent sur un qui-vive constant quant à la possible apparition de "présences" au sein de ce dédale architectural vide de sens, la réalisation de Parsons fait fondre par maintes idées de plans particulièrement réfléchis ce dernier à la solitude de ses personnages (Clark et sa psychologue Mary) ressentie au sens le plus littéral dans la réalité, comme si les pièces des "Backrooms" en étaient devenues des échos figés de plus en plus en lointains au fur et à mesure que l'on y dérive et s'y laisse emporter.
Évidemment en corrélation directe avec le récit sur la spirale auto-destructrice de son héros dans laquelle il lui est impossible de trouver une quelconque forme d'épanouissement (et le film lui en fera d'ailleurs la démonstration de manière cinglante), l'univers des "Backrooms" trouve là un sujet somme toute assez cohérent pour avoir une raison d'être en plus des prouesses visuelles de ce petit prodige qu'est Kane Parsons, à ranger définitivement aux côtés de Curry Barker ("Obsession") ou des frères Philippou ("La Main", "Substitution: Bring Her Back") dans la catégorie des Youtubeurs ayant atteint de façon magistrale la case cinéma, même si, dans ce cas précis, cela s'accompagne aussi de quelques limites.
Au-delà des surprises directes réservées par la visite des "Backrooms", il faut effectivement bien avouer que, malgré sa solidité et son traitement pour en définir des contours répondant à la psyché de ses protagonistes, l'allégorie et la trajectoire qui en résulte n'en demeurent pas moins toutes deux assez prévisibles, se laissant rapidement entrevoir dès l'exposition où la petitesse d'un homme toujours prêt à rejeter ses propres fautes sur autrui, accompagnée de certaines répliques en voix-off de sa psychologue, ne peuvent déjà dessiner qu'une issue connue à cette descente dans les "Backrooms" d'un esprit perdu et irrécupérable. Sur ce point, si Parsons s'en sort toujours diablement bien en termes de coups d'éclats de représentations à l'image (notamment lors de la partie finale), le film a, au contraire de ses divagations inattendues au sein de ses pièces plus bizarres les unes que les autres, un parcours un peu trop codifié sur ce que l'horreur métaphorique cherche à y appuyer comme défaillances humaines.
Il n'en reste pas moins que "Backrooms" mérite réellement son succès, révélant le travail d'un véritable cinéaste qui n'a pas à rougir de ses collègues estampillés A24 (et, on le répète, il n'a que vingt ans !) et porteur d'un univers si maîtrisé qu'il donne forcément envie d'en voir plus.
Créée
le 23 juin 2026
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