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Dead end suite
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Il y avait une ambiance étrange dans cette séance, remplie d'un jeune publique surexcité au début, applaudissements à la fin. Je dois avouer que je ne savais pas que les backrooms et les liminals spaces étaient devenus populaire au point de pouvoir faire du fan service.
Pourtant des liminal spaces on ne reconnaitra que la couleur jaune. Ce qui fait l'étrangeté des liminal spaces est rapidement écarté. Ces espaces sont à la base plausibles, l'architecture pourrait être celle de votre centre commercial, la lumière ressemble vaguement à celle de votre bureau, le vide pourrait être le soir quand on ferme. La peur que ces espaces inspirent est difficile à décrire, et c'était tout leur intérêt. Le flou, le pixellisé laissaient à penser que quelque chose pouvait surgir, sans que rien ne nous y prépare particulièrement, sans savoir précisément dire quoi, ni où. Et puis comment on arrivait dans ces espaces ? Le fameux « no clip » était allégorique. Peut-être par une porte dérobée ? Peut-être à force de métro-boulot-dodo en ne parlant à personne.
Mais ici rien de tout ça. L'architecture devient complètement psychédélique, tordue. Le vide et l'éclairage font peur ? Heu non, non, c'est les monstres qui font peur, hein. Le no clip ? Un mur traversable, bien identifié, un easter egg de jeu vidéo. Et puis en fait les backrooms c'est ton esprit avec les souvenirs de ton humiliation qui te dévorent. Et aussi tout ça est programmé par la World Company. Voilà. Allez je te saupoudre ça de référence à la maison des feuilles/my_house.wad (labyrinthe infini sous la maison), au magasin de meuble de la photo initial, au christmas tree, la pool room, même un petit Reverchon Revenue. Qu'est-ce ces référence disent ? « Ha mais moi on m'a dit qu'il fallait que vienne avec des références, pas avec des référence qui ont du sens, pourquoi fallait que j'en prende ?»
Malgré une ou deux bonne idées—les monstre IA notamment—et une réal plutôt soignée, le film reste un contresens total et passe à côté du vrai intérêt des liminal spaces. L'idée que l'humanité produit dans sa banalité des espaces absolument inhumains. Si photographiés sous un certains angle, votre bureau, votre magasin de meuble, votre sapin de noël font peur, est-ce qu'il ne font pas peur tout court ? Combien de gens parfaitement banals que vous croisez au centre commercial ont juste "no clip" de la réalité sociale ? C'est ça, entre autre, les questions que posaient les backrooms. Ici, elles deviennent juste une couleur et un éclairage.
Mon titre est un peu sévère envers Feldup, qui explore très bien ces sujets. Mais force est de constater que ces photos et les vidéos youtube sont devenu un énorme phénomène, qui mérite des produits dérivés—ce film, le jeux…—tant pis si on le vide de son sens, on est pas la pour ça. Avez-vous lu une critique qui ne parle pas de combien a gagné ce gamin parti de rien ?
Créée
le 25 juin 2026
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