J'ai le sentiment que le film des Backrooms ne reçoit pas le traitement qu'il mérite. En effet, nombreuses sont les critiques positives qui se construisent autour des arguments suivants : "Oh mon Dieu mais il est si jeune ! Et déjà si doué !", ou encore "Non mais l'univers des backrooms c'est quand même vraiment pas mal, quelle ambiance !".

Permettons-nous de rappeler qu'une telle performance à 21 ans est certes impressionnante, mais que l'âge ne fait pas le chef-d'oeuvre. Quant à ceux qui bavent d'admiration devant l'ambiance des backrooms, je les renvoie à la webserie du même auteur qui développe bien mieux cette atmosphère sans cumuler les défauts que je vais énumérer dans cette critique.


Je précise que c'est une critique que je réalise en comparaison avec la webserie, je ne m'amuserais pas à descendre un énième film d'horreur médiocre comme on peut en voir chaque année, et sans cette dernière j'aurais moi même pu être époustouflé par la proposition de ce film.


La web série est extrêmement intéressante puisqu'elle propose d'explorer un sentiment d'horreur qui est assez rarement représenté dans l'audiovisuel. Le sentiment étrange que l'on ressent dans un espace familier mais que l'on n'arrive pas à reconnaître parfaitement. Il utilise donc des lieux qui provoquent ce sentiment en tant que décor, il n'y a pas spécialement de commentaire sur notre monde, sur les gens, les protagonistes sont d'ailleurs anonymes, on ne voit jamais leurs visages donc tout le monde peut s'y identifier. On fait assez rarement mention du monde extérieur, les backrooms sont un monde abstrait du réel qui n'a pas de connexion directe avec le notre, pas de conséquences directes dans celui ci, pas réellement de lien avec lui si ce n'est toutes ces choses qui semblent bien réelles mais qui apparaissent pourtant de plus en plus fausses à mesure que l'on se plonge dans cet univers. Tout sert à interroger cette esthétique, avec en plus, ponctuellement, des entités hostiles qui viennent ajouter l'horreur de cet univers (dans le cas contraire, il s'agirait d'une série purement contemplative).


Le film, lui, fait complètement fi de tous ces éléments, il vient mettre des protagonistes, des troubles psychologiques à ces protagonistes, il vient détruire l'esthétique VHS qui met l'emphase sur l'ambiguité de nos sens, tout ce qui fait qu'on n'est jamais complètement sûr de ce que l'on observe, il rend les monstres clairement visibles et même palpables (là où dans la web série ils sont volontairement toujours flous, on ne sait jamais vraiment à quoi ils ressemblent). Et finalement tout ce film, tout cet univers servent de prétexte pour une thérapie des personnages. C'est une aventure qui les pousse à s'améliorer en tant que personnes, à dépasser leurs traumatismes. Finalement, les backrooms ne sont qu'une manifestation de la folie des personnages et rien de plus. Pourquoi est-ce que je déteste, que dis-je, je hais ce choix scénaristique ? Parce que précisement ce n'est pas vraiment un choix, c'est tout simplement un film qui vient se conformer au standard du film d'horreur classique. L'élément anormal sert d'excuse pour que les personnages puissent se dépasser. C'est exactement le même schéma que l'on a retrouvé dans l'adaptation en film d'Exit 8, exactement le même déroulement narratif que l'on retrouve dans Smile, on finit alors avec un film d'horreur d'une banalité affligeante auquel on a collé l'esthétique des backrooms, et c'est fatiguant de voir un concept original et unique être tourné en un scénario inintéressant au possible, que l'on retrouve partout, et décliné à toutes les sauces.


J'accuse le scénariste de ce film d'avoir fait un film d'horreur sans intérêt qui prend le costume des backrooms, rien de plus, et c'est médiocre.

John-Lackland
3
Écrit par

Créée

le 28 juin 2026

Critique lue 66 fois

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