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J’ai été grand admirateur de Kane (Parsons) Pixels, lorsqu’il a sorti un short sous forme de *found footage* (caméra à l’épaule) intitulé "The Backrooms", aux alentours de 2022. Devant l'engouement des fans, une web-série s’est alors déclinée naturellement sous forme de 24 court-métrages horrifiques, basés sur la Creepypasta éponyme, et qui prend sa source dans l’esthétique dite *Liminal Space*. Cette web-série est ainsi devenue très vite, un phénomène quasi-mondial.
Fort de ce succès et de cette énorme audience (90M de vues à ce jour), il s’est donc lancé dans un long-métrage autrement plus ambitieux et bien loin du court-métrage indépendant sans budget. On parle quand même d’une enveloppe de 10M de $. C'est donc dans ce contexte que j'ai patiemment attendu sa sortie.
Toutes ses considérations faites, parlons du film à présent. Déjà, je trouve plutôt pas mal le mixte de prise de vue ; l’introduction est sous forme de *found footage*, tandis que le corps du film est tourné avec des plans classiques. On repasse caméra à l’épaule lors d’une seconde expédition plus loin dans le film. Et je trouve que ce deuxième segment en *found footage* n’est pas à la hauteur des ambitions d'un film cinématographique, l’instabilité du caméscope est trop irréaliste. En big 2026 c’est quand même moyen de ne pas proposer quelque chose d’un peu plus consistant et crédible visuellement.
Après là où le film s’effondre, c’est effectivement dans cette seconde expédition où on assiste alors à du n’importe quoi. Par exemple le défilé des salles des Backrooms (particulièrement les Pools) sous CGI assez dégueulasse et boosté à l’IA, c’est vraiment parfois de très mauvais goût. Les shorts étaient de bien meilleures qualités et même plus crédibles, car la tension était mieux maîtrisée.
De plus, la retranscription des Backrooms fait dans le sensationnel, sans montée de tension progressive, avant de revenir au calme le plus plat. Je trouve que c’est étrange de casser ainsi la dynamique de l'aventure, le film a un rythme complètement haché.
Ensuite, autre gros souci, la mécanique pour passer dans les Backrooms est réversible, là où dans la Creepypasta on se retrouvait coincé dans ces lieux étranges, totalement au hasard et de manière fortuite. Il était quasiment impossible d’en réchapper.
Dans le film il revient donc tranquillement documenter son expédition, sauf qu’il ne le fait pas la toute première fois, en utilisant son Smartphone par exemple. On comprend alors que c’est pour les besoins de la seconde expédition que la caméra à la première personne (en mode *found footage*) sera utilisée. Des pirouettes scénaristique ici et là pour faire tenir des segments incohérents entre eux, dans un film au long court.
Je n'évoquerais pas davantage la volonté de Kane Pixel de faire dans le style *Red Lodge*, lieu étrange s'il en est, dans l'excellentissime série "Twins Peak" de David Lynch (et Mark Frost). L'ambiance autrement plus Lynchéenne d'un certain passage, qui à mon sens, ne fonctionne absolument dans l'univers des Backrooms. Ce n’est vraiment pas le même délire. Je peux comprendre que Kane Pixels veuille s’approprier une version qui lui appartient, en faisant une relecture libre de la Creepypasta dans un mixage de son cru. Mais pas comme ça.
Finalement c’est très scripté tout ça (car scénarisé, oui ici c'est un vrai problème), très convenu aussi, avec des séquences qui paraissent peu cohérentes, ne serait-ce que dans la réaction des protagonistes. Ce qui nous fait, in fine, sortir du film.
Pour terminer sur une note un peu plus positive, franchement la gueule des Backrooms est bien retranscrite, visuellement et hors segment en *found footage*, j’entends. Après tout c’est Kane Pixels quand même, il maîtrise globalement son sujet, mais finalement est-ce qu’un film scénarisé de 2 heures avec une narration en surcouche, est quelque chose de fonctionnel pour un tel film? En fait je pense que c’est là le vrai gros problème de ce film, je m’attendais plus à un film presque muet et atmosphérique, où on ressent davantage l’aventure de manière sensorielle et expérimentale. La couche de bla-bla scénaristique qu’il met par-dessus, c’est ça qui pose problème et qui casse l'univers des Backrooms. C'est en fait le problème de 99.9% des jeux sur le thème des Backrooms ; tous nuls, et certains on se demande vraiment si le dev sait ce que sont les Backrooms en définitive.
Et pourtant, j'ai envie de l'apprécier, vraiment, d'où mon immense déception avec une note de 6/10 quand même !
Créée
le 17 juil. 2026
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